POUR QU’ILS VIVENT

Entre le 6 et le 8 août 2014, les chrétiens de Qaraqosh ont été chassés de leur terre et leurs biens sont tombés aux mains des islamistes. 120.000 personnes se sont déplacées dans la capitale du Kurdistan. Ils manquent de tout et s'entassent dans des lieux d’accueils sommaires (églises, écoles, rues, camps).

Neuf jours plus tard, deux volontaires de SOS chrétiens d’Orient se rendent à Erbil et Ankawa auprès des déplacés. L'aide d'urgence s'organise. Les ravages de l’exode commencent à tuer les familles. Il est urgent de proposer un accueil médical à ceux qui en ont besoin. L’opération « Pour Qu’ils Vivent » permet dans l’urgence la construction de ces lieux d’accueil médicalisés.

Elias, un habitant de Qaraqosh

Le 8 août 2014, j'ai échappé aux terroristes de justesse. Je me suis réveillé à cinq heures du matin. Les rues de Qaraqosh étaient désertes, le bazar habituellement grouillant de vendeurs et de familles n'est empli que d'une atmosphère mortifère. Rien à l'horizon, pas un voisin.

Soudain, une voiture appararaît. A son bord, des soldats vêtus de noir masquent leurs visages d'une longue barbe et d'un keffieh rouge. Daech a pris Qaraqosh. La razzia commence. Je me suis enfui par les champs en évitant les grands axes, après de longs jours à craindre pour ma vie. Au prix d’efforts édifiants et d’une grâce divine, j'ai finalement atteint Erbil. Mais aujourd'hui, j'ai faim.

Autour des volontaires, les urgences médicales créent des attroupements et une ambulance de fortune ne permet pas d'accueillir convenablement les malades. En dix jours, grâce à une formidable mobilisation de nos donateurs français, trois cabines médicalisées sont installées à l'école Hidyab, Mar Schmoni et Mar Elia. Elles comportent un espace d’accueil pour le médecin, le réfrégirateur pour les médicaments, la climatisation et une salle d’accueil avec trois lits pour les patients demandant des soins d’urgence.

Depuis la France, une donatrice prévient les volontaires en urgence : le camp de déplacés d’Oum Nour aurait des problèmes d’approvisionnement en médicaments et autres denrées. Immédiatement, les volontaires s’y rendent afin d’évaluer les besoins en urgence. Si le camp est bien rattaché au centre de stockage organisant les distributions, il a des difficultés à aider les 2.500 familles syriaques orthodoxes déplacées à Erbil. Ici, il n’y a que cinq grandes tentes, à deux, voire trois familles, par tente, et le sous-sol de l’église. L’atmopshère n’est pas très gaie en cette matinée. Il faut pourtant bien continuer à aider les déplacés. Les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient se rendent sur le lieu de stockage général des denrées pour effectuer une mise au point sur les besoins avec les responsables. Une vingtaine de jeunes chrétiens irakiens assurent la logistique de la répartition entre les 24 camps d’Erbil et Ankawa. Dans les stocks, l’activité déployée par les volontaires n’a d’égale que la liste des besoins familiaux : couches, nourriture, eau, ventilateurs… Les visites sont des expériences paradoxales : si notre cabine médicalisée fonctionne à plein régime avec une foule constante autour de l’espace de consultation et de premiers soins, de nouveaux besoins apparaissent sans cesse. Plus de 750 familles vivent dans le camp avec seulement six toilettes et neuf douches. Un jour pour les femmes, le lendemain pour les hommes afin de pouvoir préserver une certaine intimité et de ne pas inonder les tentes alentours.  

Deux semaines après le début de la mission, les besoins s’accumulent. Aujourd’hui ce sont les habitants de Karemless qui appellent les volontaires. Ils vivent entassés dans un immeuble en construction à proximité de Mar Youssef. Ils manquent de tout et une crise grave se profile : l’eau vient à manquer pour les jours à venir. SOS Chrétiens d’Orient livre plus de 15.000 litres d'eau pour le mardi suivant. 200 autres iront pour le centre de réfugiés yézidis. Mais ce n’est pas la seule urgence qui menace le quotidien des 2.500 habitants de l’immeuble et de ses dépendances. Les enfants commencent à manquer de tout.

L’association livre plus de cinquante lots de couche et une quarantaine de paquets de lait en poudre puis des purées pour les nourrissons.   

En dix-huit jours, SOS Chrétiens d'Orient réalise l'impossible : distribution d'eau, de nourriture, urgence médicale, donation de matériel,... Grâce aux 30.000 euros récoltés, l'association a apporté un peu de réconfort à ces familles qui peu avant, avaient vu leur vie s'effondrer en moins d'une journée.

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Tu es majeur ? Le sort des chrétiens d'Orient t'inquiète ? Tu souhaites t'engager auprès des plus démunis qui souffrent de la guerre, de la pauvreté et des persécutions ?

Alors n'hésite plus et engage-toi dès maintenant avec SOS Chrétiens d'Orient pour aller effectuer une mission au Proche-Orient !

Pour cela envoi un mail à volontaires@soschretiensdorient.fr et nous prendrons très vite contact avec toi.

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"Regarder l'autre, l'écouter, lui sourire, s'intéresser à lui, d'après moi, c'est le commencement de l'être humain."

Sœur Emmanuelle,