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Le courage des femmes syriennes.

FR - 25/07/2019

« Aujourd’hui, j’ai rencontré ces deux jeunes filles qui se sont engagées dans La Défense nationale pour combattre les terroristes, qui continuent de bombarder la population de Mhardeh (Sud d’Idlib) et des villes alentours.

J’ai été impressionnée par leur courage.

L'une d'elle subit les pressions des terroristes sur sa famille, qui vit dans une zone contrôlée par les djihadistes. La seconde est chrétienne. Après plusieurs années de guerre, elle a choisi de prendre les armes pour défendre sa ville : Mhardeh.

Dans cette région toujours en proie aux combats, où les habitants perdent espoir, elles sont de plus en plus nombreuses à s’engager au côté des hommes.

Toutes ont fait un choix personnel, et toutes ont dû surmonter des épreuves inimaginables : des mères qui ont perdus les leurs, des filles qui n’en peuvent plus de subir la guerre.

Leur courage est ajusté. Elles ne cherchent pas le combat en tant que tel, mais défendent leurs proches et leurs foyers « pour pouvoir un jour, si Dieu veut, retrouver une vie normale ».

Cette rencontre fait écho à toutes ces femmes téméraires et engagées que j'ai connues lors de ces deux ans et demi en Syrie, et c'est l'occasion pour moi de leur rendre hommage.

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A ces femmes qui, chacunes à leur manière ont porté leurs familles, leurs voisins.

A cette gérante d'hôtel qui accueillait les réfugiés au milieu de la nuit et mettait tous ses moyens et ses employés à leur disposition gratuitement quitte à aller frapper à toutes les portes du village au petit matin pour trouver d'autres matelas,

A cette religieuse d’Alep qui soignait les blessés d'où qu'ils viennent, priait avec eux et consolait les familles de ceux qu'elle n'avait pas pu sauver,

A cette jeune fille qui a dû fuir juste avec son portable et sa veste sans pouvoir emmener ses parents et qui n'attendait que de retourner les chercher,

A cette femme de la haute société qui prenait dans ses bras les enfants des rues,

A la mère qui, tout en pleurant son propre fils, consolait sa voisine,

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A celle qui fouillait péniblement dans les décombres de sa cuisine, ravagée par une explosion, pour retrouver la dernière orange intacte pour me l’offrir,

A cette étudiante qui rêvait de devenir journaliste et partait sous les bombes pour témoigner et donner du sens à ce qu'elle vivait.

A cette petite fille torturée par des djihadistes qui a convaincu sa maman de fuir vers une folle aventure pour retrouver son papa. »

Béatrice Challan Belval, adjoint-chef de mission en Syrie.