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A Maaloula, les volontaires perpétuent une tradition ancestrale.

FR - 20/07/2019

Il fait chaud, le soleil tape dur sur le petit village de Maaloula… Et pas la moindre ombre sous laquelle se reposer, sur la parcelle qui nous a été attribuée. Ce matin, alors que nous nous rendons au monastère Saint-Serge-et-Saint-Bacchus, nous ne nous doutons pas un seul instant de l’aventure qui nous attend : perpétuer une tradition ancestrale…

Le Père Abdallah, supérieur du monastère, nous emmène à quelque distance du couvent et nous explique notre mission : défricher une parcelle de tout le foin qui l’encombre. Par la suite, il veut planter des légumes pour permettre au prieuré d’être auto-suffisant. Alors que nous sommes assis à l’ombre du cloitre pour boire le thé traditionnel, le thermomètre affiche 39°. Protégés par nos casquettes, armés de nos outils, nous nous dirigeons vers le labeur, conscients qu’il va nous réserver des surprises. Sur place, un habitant de Maaloula nous enseigne la méthode que lui-même tenait de son père : le brûlis. Amonceler le foin en petite quantité, embraser l’amas d’herbes séchées, mais surtout surveiller le brasier : la moindre flammèche qui pourrait s’échapper doit immédiatement être éteinte.

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La chaleur de la conflagration ajoutée à celle de l’astre solaire nous fait penser au prophète Daniel et à ses trois compagnons. Au milieu des flammes, ils ont chanté les louanges de Dieu. Ici aussi, la musique s’élève dans les airs. Au Foyer de la Joie, situé à quelques encablures de notre champ, des enfants chantent et dansent sur le répertoire traditionnel syrien. Cependant, pas le temps de rêvasser : une escarbille malicieuse vient de s’échapper. Une brise fraîche s’étant levée, elle nous apaise mais il nous faut redoubler de vigilance. La moindre erreur d’inattention serait fatale.

Quelques grottes nous dominent : nous allons chercher auprès d’elles un peu de fraîcheur. Pendant que nous buvons le thé, Abu Ahmad vient nous apporter des abricots qu’il a cueillis juste pour nous. Chauds et mûrs à point, ils fondent dans la bouche tout en dégageant un parfum agraire. L’odeur acrimonieuse du feu n’est plus qu’un lointain souvenir.Après notre travail, le Père Abdallah demande à un pastoureau d’y faire paître son cheptel pour que les caraculs puissent terminer de nettoyer. Le champ est aujourd’hui métamorphosé et ne ressemble en rien à la friche de départ ! sos chretiens orient syrie maaloula volontaires feu champ

Pour que les traditions ancestrales continuent de se transmettre de génération en génération, pour que les agriculteurs maaloulites continuent d’approvisionner le village en légumes, faites un don.