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Irak - Un an de travail pour polir le trésor de Benatha.

FR - 19/08/2019

Automne 2018. Ce matin-là, nous arrivons au petit village de Benatha situé à trente minutes de celui de Badaresh. Au loin, mon regard est attiré par un tas de pierre recouvert d’une végétation dense… sans le savoir, je contemple trois cents années d’histoire. Cet amoncellement est fait de pierres encore miraculeusement superposées d’une chapelle chaldéenne, construite à l’époque ottomane. « Quelle ne fut pas notre émotion ! » me confie Gaspard, le responsable des projets à Badaresh.

sos chretiens orient irak benathaEmerveillés, nous prenons très vite pris la décision de rebâtir l’église cachée de Benatha. Patiemment, mois après mois, nous déblayons les tonnes de pierres et de gravats. Avec les moyens du bord, nous débroussaillons les arbres et autres détritus laissés là par les bergers qui se sont servis de l’abri au fil des ans. Une présence humaine éphémère au regard des décennies de solitude, interrompues parfois par des bombardements turcs. Un travail de longue haleine, plusieurs mois passés sous le soleil du Kurdistan et aussi dans le froid, sous la pluie. Mais quelle félicité une fois les pierres totalement dégagées !

Derrière moi se tient Zacharia, le doyen du village. Il redécouvre la chapelle de son enfance, là où il a appris le catéchisme, assisté à des mariages et baptêmes. « Elle a été détruite pendant la révolution kurde […], à notre retour elle était pillée et presque complètement détruite ».

Le soleil est désormais à son zénith. Aujourd’hui, nous n’avons pas les moyens techniques pour poursuivre le gros œuvre. Entre deux gorgées d’eau, je m’entretiens avec le chef de mission pour m’enquérir de la poursuite de ce beau projet ambitieux.

Le Seigneur veille, la solution se présente d’elle-même. Les ouvriers formés au métier de la reconstruction dans le centre de formation professionnelle Saint-Joseph à Qaremlesh, financé par les donateurs de SOS Chrétiens d’Orient, seront détachés dès le mois de juin à la poursuite du chantier. Pour un prix dérisoire, l’architecte consent à venir avec ses ouvriers. Tous sont heureux de pouvoir témoigner de leur solidarité avec des chrétiens irakiens de vallées isolées.

Après des mois, la pioche à la main, le chapeau sur la tête et la poussière sur le pantalon, les travaux peuvent enfin commencer. Zacharia est à mes côtés. « Reconstruire une chapelle, c’est reconstruire l’Histoire » me confie Gaspard, qui était là au moment de la redécouverte de la chapelle. « C’est une grande fierté de commencer ma mission ici, » lance Edwige, au moment de déverser sa brouette remplie de gravats de formes erratiques. Clac clac ! Les pioches n’arrêtent pas de frapper le sol, pendant que les plus belles pierres sont lancées aux ouvriers et contremaîtres juchés sur le toit. Il me vient alors en tête un verset de la lettre de Saint Paul aux Éphésiens : « la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même » (Ep 2,20). Participer à une reconstruction pour la gloire de Dieu m’émeut. Zacharia l’est tout autant, les souvenirs de son enfance rejaillissent subitement.

sos chretiens orient irak benatha volontaireLe crépuscule approche, je dois rentrer, fourbu mais heureux. Dans quelques temps la chapelle sera inaugurée, une messe sera dite pour la première depuis plus de quarante ans. C’est donc avec fierté et émotion que je pose un pas après l’autre, à plus de quatre mille kilomètres de chez moi, au milieu des montagnes kurdes, mu par un projet extraordinaire. La journée s’achève alors que je contemple le coucher de soleil à Badaresh, en pensant à cette chapelle bientôt debout. Les ultimes finitions sont en cours.

Août 2019. L’inauguration est imminente, restez connectés pour avoir les dernières nouvelles !

Nous nous joignons à Zacharia et à la communauté chaldéenne de Benatha pour vous remercier de votre soutien financier. La messe sera bientôt dite dans cette église multi centenaire, grâce à vous.

Comme la chapelle de Benatha, l’église d’Aqra a été délaissée puis abandonnée. Les volontaires travaillent activement à lui redonner de sa superbe. 15.000 € sont nécessaires pour financer l’intégralité de sa restauration. Dans la mesure de vos moyens, soutenez aujourd’hui ce chantier porté par les volontaires.