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Témoignage volontaire - Apprécions chaque seconde de notre vie de ne manquer de rien.

FR - 30/08/2019

Edwige a toujours vécu pour le sport et par le sport avant d’être volontaire en Irak ! Pendant sept semaines, elle y découvre un peuple qui souffre mais qui sourit ; des familles déchirées et éprouvées mais toujours vivantes. Les rencontres avec les Irakiens et les moments partagés avec les volontaires la transforment peu à peu et la renforcent dans sa volonté de se donner.

« Après cette magnifique expérience, je pense que quelque chose aura changé en moi. Aucun de nous ne veut rentrer en France ; beaucoup souhaite continuer leur mission. Pourquoi ? Car nous partageons la joie, la foi, le don de soi avec les locaux, les volontaires irakiens, les traducteurs, les amis de l’association. Nous découvrons ensemble la condition des chrétiens d’Orient, grossièrement cachée par les médias. Comment continuer notre petite vie confortable, recommencer à penser à si l’on va manger au Macdo ou au Burger-king, quand on a vu pendant deux mois la misère, la pauvreté, les difficultés rencontrées par les chrétiens pour rester chez eux, par manque d’argent ou par sentiment d’avoir été chassés. Tout ça, avec le sourire ; et pour certains, ils n’osent rien demander, comme cette dame ayant fui Qaraqosh et les terroristes de l’État islamique.

Ce jour d’août 2014, c’est la ruée ; des convois quittent la ville en masse. Il n’y a plus de place dans la voiture, sa famille l’abandonne. Elle parvient à s’échapper avec d’autres habitants et atterrit à Erbil où elle vit trois ans dans une caravane. Aujourd’hui, elle loge gratuitement dans une petite pièce et partage la salle de bain avec ses voisins du dessus. Alors qu’elle nous raconte son histoire, elle ne nous demande rien. Elle est heureuse de nous voir.

« Ma famille est partie à l’étranger. Personne ne vient me visiter. Votre présence est le beau cadeau que vous puissiez me faire. »

Les liens, que nous tissons avec les chrétiens d’Orient, sont précieux. Tous nous enseignent une grande leçon. »

Dans cette autre famille de cinq enfants, et d’une grand-mère de 90 ans, Edwige est consternée. En guise de canapé, des planches de bois sur lesquelles repose un mince matelas inconfortable. Je n’ose imaginer la grand-mère, qui semble impotente, dormir dessus. Comme ils n’ont pas de quoi payer le loyer, ils vont se faire expulser de chez eux dans les jours à venir. Le père n’a pas de travail fixe, il est daily-worker. Ils vont se retrouver à la rue. Et nous ?

Hamburger, frites, coca ou pizza dominos ? Apprécions, mais apprécions chaque seconde de notre vie en France de ne manquer de rien, de ne pas se soucier d’où nous allons dormir demain, de comment nous allons nourrir nos enfants.

Cet autre jour, une larme m’échappe. Une chrétienne irakienne, vivant avec sa mère, dans un semblant de logement, nous raconte l’horreur de ce qu’elle a vécu, mais avec une telle paix, une telle sérénité, une telle pudeur ! Je ne peux me contenir. « N’ayez pas peur, » nous disent-elles, « car Dieu est avec vous dans toutes les épreuves que vous vivez et que vous allez vivre. » Et pourtant la peur, elles l’ont côtoyées tous les jours, comme un ami fidèle. La peur suscitée par l’exil, la mort et les mauvaises conditions de vie a causé d’innombrables maladies chez les chrétiens déplacés. « J’ai perdu mon beau-frère d’un cancer de l’estomac. » Cinq ans après, les conséquences de ce qu’ils ont vécu sont toujours présentes. Ce n’est plus la guerre, mais ce n’est pas une raison pour arrêter de les aider, bien au contraire. La reconstruction des cœurs et des villages, c’est long.

Alors quand Daesh annonce qu’il va revenir, c’est l’angoisse. « Si quelque chose devait arriver, prévenez-nous et emmenez-nous avec vous. Ne fuyez pas sans nous ! » Une exhortation, un cri du cœur qui m’a profondément touché.

Beaucoup aimeraient partir à l’étranger. Les échos de leurs familles sont dithyrambiques. La vie est meilleure ailleurs ! « Etre chrétien en Irak est trop difficile. » Alors je porte toutes ces familles dans mon cœur, et je prie pour qu’elles gardent cette foi inébranlable.

« Nous sommes persécutés, nous les chrétiens, mais je reste ici, car sinon, qui montrera à tous les musulmans la vérité ? Qui leur montrera que Dieu existe ? Qui leur en parlera ? »

Cette foi, ce courage, cet abandon au Christ, en dit long sur les chrétiens d’Orient. Que cette foi en Dieu habite aussi véritablement les cœurs des chrétiens d’Occident.

Edwige, volontaire en Irak.

A ton tour de partir en mission. Tu veux vivre des expériences exceptionnelles et faire des rencontres inoubliables ? Rejoins les volontaires en Irak.

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