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Le bidonville des « 500 » a besoin de mains et de prières !

FR - 28/08/2019

Le bidonville des « 500 » existe depuis un peu plus de cinquante ans. Petite communauté vivant dans la périphérie d’Alexandrie, les « 500 » sont pour la grande majorité des chiffonniers.

Des voies parsemées de nids-de-poule où seuls les tuk-tuk circulent sans inconvénient, des petits commerces ; par là une boucherie musulmane, par ici une menuiserie, plus loin un enfant assis sur le trottoir vend des figues de barbarie, présentées avec application sur son petit chariot. En déambulant dans ces rues, nous nous rendons rapidement compte de la pauvreté dans laquelle vivent les chiffonniers.

sos chretiens orient egypte bidonville des cinq cent volontairesAu milieu de l’effervescence qui anime le bidonville s’élève une église…Depuis plus de trente ans, le Père Fam Farouk se consacre à cette paroisse. Son visage illuminé par un sourire, il reçoit les volontaires accompagnés de leur traducteur Mina.

« Avant d’être prêtre, j’étais animateur dans la paroisse. Nous nous occupions des enfants, des handicapés et des menus travaux d’entretien du bâtiment ». Son récit est tout-à-coup dérangé par trois petits garçons venant demander justice : l’un veut que les deux autres lui rendent son ballon… Avec une très grande douceur, le prêtre règle le dilemme, les bénit et les raccompagne à la porte.

Il s’excuse et revient s’asseoir derrière son bureau. « Les personnes les plus pauvres d’Alexandrie sont venus s’installer dans ce quartier il y a cinquante ans. Le bidonville tire son nom des 500 premiers chiffonniers s’y étant installés. La communauté a grandi depuis : la paroisse s’est étendue aux villages alentours : Batakouchi, Ezbet Al-Ar, Ezbet Marouri, Ezbet Nasr et Ezbet Al-Ali. Aujourd’hui, 50% des 1.200 familles vivent dans une situation d’extrême pauvreté. Si la majorité est contrainte de ramasser et trier les poubelles pour survivre, les plus chanceuses ont pu retaper une charrette et vendent des fruits et des légumes. L’argent manque, les chiffonniers n’ont pas de quoi se nourrir décemment, se soigner ou éduquer leurs enfants ».

« Quand les gens se rapprochent de Dieu, leur vie devient plus douce. »

sos chretiens orient egypte ezbet el nakhl bidonvilleDevant cette pauvreté, à l’image du Christ, le Père Fam Farouk est devenu le Bon Pasteur d’une communauté privée du Christ pendant plus de quarante ans. « Je suis allée chercher les habitants dans la rue pour les ramener au Bon Dieu. » Pour Thomas, volontaire au 500, le Père suit les pas du Curé d’Ars qui réveilla la foi de ses nouveaux paroissiens en se rendant lui-même chez eux pour les ramener au confessionnal. « Je voudrais gagner des âmes aux Bon Dieu. » Le saint Curé d’Ars accordait beaucoup d’importance à la confession et les gens venaient chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur.

L’œuvre du Père a pris une nouvelle ampleur suite à la construction de l’église Saint Michael en 2017.

« Peu sont ceux qui avant la messe d’inauguration de l’église, la nuit de Noël 2018, avaient assisté à la messe. C’était très émouvant. La construction de cette église a vraiment fait évoluer positivement la situation des 500. En se rapprochant de Dieu, leur vie est devenue plus douce. Le Bon Dieu habite ce village maintenant ! »

Dans la mesure du possible, le Père Farouk vient en aide à tous ceux qui frappent à la porte de son bureau. « Hommes et femmes repartent avec une somme allant de 100 à 700 livres, ce qui est très peu pour vivre en Égypte mais assure le minimum vital aux familles. Chaque mois l’église distribue des sacs de nourriture, garni d’un kilo de viande ou d’un poulet entier, à chaque famille. »

« Nous avons besoin de prières et de mains. »

Chaque semaine, les volontaires rendent visite à au Père Fam Farouk pour procéder à une donation d'environ 30 à 40 euros de médicaments. L’association a pour projet de distribuer aux enfants de ses paroissiens des packs de rentrée scolaire pour un coût unitaire de 10 euros. Soutenez l’éducation en Egypte, faites un don.