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Témoignage volontaire - « Je n'ai pas fait de choses grandioses en Syrie, mais je les ai faites. »

FR - 08/11/2019

Lorsque je suis arrivé en Syrie, quoique parfaitement renseigné lors des sessions de formations, j’avais encore en tête tous les idéaux d’un jeune homme partant pour la première fois en mission humanitaire à l’étranger. Mais, au bout d’une semaine, la réalité m’a rattrapée. Réalité ô combien belle et exaltante, car enseignante d’humilité et de joie.

En effet, je pensais participer à des projets grandioses, rebâtir les maisons de pauvres chrétiens d’Orient à la sueur de mon front, sous les vivats de la foule en délire, etc, etc… Première mission une fois arrivé dans mon lieu de mission : trier quelques centaines de kilos de gravats pour en extraire quelques milliers de petites boîtes en plastique, pour qu’un monastère puisse s’en servir à nouveau. Et cela a duré trois jours.

sos chretiens orient syrie krak des chevaliers volontaire chantierTrois jours au terme desquels j’eus une grande discussion avec le responsable des projets et le second volontaire présent sur le service, l’engagement et l’utilité. Et ce fut le déclic. J’étais inutile. Ma présence ici ne changerait rien pour personne, quoi que je fasse.

Et c’est justement cette inutilité chronique qui me donna la liberté de servir. Car une fois débarrassé de l’injonction d’utilité, je pouvais pleinement savourer le temps que je passais avec les chrétiens de Syrie, et me rappeler que l’important n’était pas ce que je faisais, mais de le faire avec eux ou pour eux. Et de leur offrir la seule chose qui importait vraiment : ma joie d’être ici, en leur communauté.

C’est ainsi que j’ai passé un mois et demi en Syrie, principalement dans le village de Maaloula, à déblayer, balayer, moissonner, jouer, partager, rire, découvrir et échanger avec les habitants.

A travers toutes ces missions, c’est une âme que je rencontrais petit à petit : celle de la chrétienté syrienne, affichant fièrement son appartenance, se couvrant de croix, des toits et clochers des églises aux poignets tatoués des hommes.

Cette chrétienté constituée de ceux qui sont restés, quelles qu’en soient les raisons, et qui parle si peu d’une blessure que l’on sent encore vive.

Car c’est ainsi qu’ont été les chrétiens d’Orient devant moi : ne reniant jamais leur foi, mais ne parlant de ce qu’ils ont enduré en Son nom que rarement, avec autant de nuages dans la voix que dans les yeux, et toujours très simplement. Non, décidément, ces gens ne me semblent pas faits pour la tristesse. Eux qui ont le sourire toujours prêt à rayonner, n’ont jamais manqué une occasion pour m’offrir quelque chose.

sos chretiens orient syrie volontaire saydnayaMoi qui étais venu pour donner, je repars comblé. Comme les anciens volontaires l’avaient prédit. Comment transposer par ce froid format la chaleur humaine des moments partagés lors des travaux ? Comment décrire la grandeur du berger qui couvre sa table de mets pour cinq volontaires, venus l’aider quelques jours à la moisson, quand on devine que lui-même ne mangerait pas cela en une semaine ? Quels moments intenses, que ceux passés autour d’une tasse du fameux café syrien, à questionner nos hôtes sur leurs vies, leur famille, leurs espoirs, et leur livrer les nôtres en retour…

Non, décidément, il est impossible de rendre tout cela par écrit, quel que soit le temps que je consacre à choisir mes mots. La seule solution est que vous veniez vous rendre compte par vous-même.

Jean, volontaire en Syrie & "Chevalier du Krak".

Viens vivre une expérience inoubliable en Syrie, rejoins les volontaires.