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La rentrée du cœur dans le bidonville d'Ezbet el Nakhl.

FR - 01/10/2019

« Regarder l'autre, l'écouter, lui sourire, s'intéresser à lui, d'après moi, c'est le commencement de l'être humain. »

Sœur Emmanuelle

Lundi matin, 8h30, Ezbet El Nakhl, le quartier des chiffonniers du Caire, se réveille doucement. Les petites rues étroites sont presque vides, les chiffonniers sont déjà au centre de tri et nous marchons dans la quiétude matinale, accompagnés de cette odeur peu commune que l’on peut imaginer dans un tel quartier, et que les habitants respirent au quotidien.

sos chretiens orient bidonville ezbet el nakhl egypteLorsque l’on discute avec d’anciens volontaires partis en Égypte, on nous parle souvent d’Ezbet El Nakhl, mais il faut y aller et le vivre pour le comprendre, l’intégrer.

Après une dizaine de minutes de marche, nous arrivons devant un grand portail fermé, je ne sais pas encore qu’il cache un véritable havre de paix mais une chose est sûre, aujourd’hui est un grand jour : nous avons préparé une suprise pour les enfants des chiffonniers.

Au cœur du bidonville des chiffonniers et derrière ce grand portail se trouve une école, l’école Mahaba, créée en 1988 par Sœur Emmanuelle.

Le portail s’ouvre, nous quittons la rue jonchée de détritus et entrons dans une grande cour ouverte, entourée de bâtiments formant un carré. Ici et là quelques cris d’enfants qui ressortent du brouhaha général, depuis les salles de classes que l’on imagine remplies. Apaisement total malgré tout, la différence avec la rue est si grande.

La Secrétaire principale de l’établissement qui accueille trois mille élèves (pour deux mille places disponibles) nous reçoit dans son bureau et nous échangeons quelques mots avant de nous déplacer dans une seconde cour plus petite, puis dans une salle de classe où nous attendent cent élèves de quatre à quatorze ans, tout sourire. Pourtant, ces enfants viennent de familles particulièrement défavorisées ; certains sont orphelins, d'autres doivent cumuler l’école et le travail avec leur famille après les cours.

sos chretiens orient egypte rentree scolaire volontaire chiffonniers ezbet el nakhlCe matin, grâce aux dons des bienfaiteurs de l’association, ces cent élèves reçoivent un sac à dos et des fournitures scolaires pour toute l’année !

Qu’il est doux le sourire de ces enfants à qui l’on n’offre pourtant pas grand-chose, le juste nécessaire d’un écolier. C’est le plus beau des sourires que l’on peut voir, celui de ceux qui n’ont rien et demandent peu.

Sœur Emmanuelle disait « Mystère du cœur de l'homme : le plus comblé réclame toujours davantage, nos financiers perdent le sommeil ; le plus démuni s’accommode de son gîte, nos savetiers et nos chiffonniers chantent. » Ces cent enfants ont donc désormais la panoplie complète de l’écolier modèle. Nous avons face à nous de futurs grandes personnes, l’avenir est devant eux !

Nous retrouvons toute ces jolies têtes brunes ainsi que celles du reste de l’école dans la cour de récréation. Brouhaha général, il est 10h30, c’est l’heure du goûter. Les enfants accourent vers nous et nous demandent nos prénoms, éventuellement nos âges et veulent savoir comment nous allons. La simplicité, la politesse, la gentillesse et la joie de chacun de ces petits êtres est très émouvant. De l’amour émane de cette journée, comme lors de la plupart des missions avec SOS Chrétiens d’Orient. Mais ce matin, la foule était si grande que l’amour était comme plus puissant.

Tous les enfants maintenant se mettent en rang, par niveaux. Doucement, ces files indiennes d’uniformes fièrement portés partent rejoindre les classes. Plus tard, comme chaque semaine, les volontaires reviendront donner des cours d’initiation musicale, de dessin, d’anglais et de français à ces petits, en soif de savoir.

Nous allons dire au revoir à la Secrétaire Générale de l’établissement et puis, dans la cour, entourée de ces si hauts bâtiments, je pense à Sœur Emmanuelle ; pensez-vous qu’elle soit satisfaite, du moins contente, de toute ses personnes qui prennent soin des projets qu’elle a mis en place ? Veillez sur nous ma Soeur et sur le chemin que vos pas ont tracés ici, à Ezbeth, donnez-nous chaque jour la force de servir le plus faible puisque nous en avons l’audace et les moyens.

Enfin, nous repartons pour la suite de nos activités quotidiennes, le sourire aux lèvres, et le cœur léger. C’est merveilleux.

« Crois en toi, comme moi en toi, crois-en l'autre comme en toi
yalla, jeunesse, en avant, tu vaincras ! » Sœur Emmanuelle

Adèle, volontaire en Egypte.