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Dans les bidonvilles égyptiens, manger peut être un luxe.

FR - 08/10/2019

« Sans votre amour je n’aurais pas de quoi manger les deux dernières semaines du mois, soyez béni SOS ! »

Il est onze heures, le soleil est à son zénith et nous arrivons dans le quartier de Matarya, où nous avons rendez-vous avec le Docteur Adel et Tassoni (Soeur en égyptien) Kanaa.  Avec leur aide, nous allons distribuer des colis alimentaires aux familles les plus démunies du quartier des chiffonniers.

Ce matin, dans la chaleur étouffante d’un été d’octobre au Caire, nous sommes quatre volontaires à traverser ce quartier pauvre, jonché de déchets. Nous connaissons bien ce quartier puisque, plusieurs matins par semaine, nous allons rendre visite à neufs femmes âgées de la maison du bonheur.

Cette fois ci, nous entrons dans un appartement modeste de la rue servant de lieu d’accueil pour de multiples activités, organisées par les sœurs de la Congrégation des Filles de Marie.

sos chretiens orient volontaire egypte mataryaComme la plupart des appartements, les murs sont grisés par le temps, de vieux cadres sont accrochés, l’air est humide, il fait chaud. Dans la pièce à vivre, il y a beaucoup d’assises. Canapés, grands fauteuils, tous sont recouvert d’un plastique protégeant le tissu.

J’ai l’impression de faire un bond de cinquante ans en arrière, comme si l’on avait figé le temps.

Même si cet appartement n’est pas un lieu de résidence, il est semblable aux autres appartements résidentiels. Les fenêtres sont fermées, comme souvent en Égypte, pour éviter au soleil de rentrer et que la chaleur ne soit encore plus écrasante.

J’ai envie d’ouvrir en grand toutes les fenêtres, pousser les volets et laisser rentrer la lumière.

Nous posons nos affaires dans un coin de la pièce. Ce matin, nous allons distribuer sept cents kilogrammes de nourriture à soixante-dix familles qui viennent principalement du bidonville d'Ezbet el Nakhl. La donation se fait dans un calme joyeux et organisé. Chacune leur tour, les familles récupèrent un colis alimentaire composé d’un kilo de sucre, un kilo de riz, un kilo de pâtes, une boite de thé, du beurre, du bœuf, et un poulet.

Tout cela est possible grâce aux dons des bienfaiteurs. Je me rends compte, ce matin encore, combien ces dons sont concrètement précieux !

Qu’il est bon de voir sourire ces familles si humbles. Une veuve, un père de famille nombreuse, un enfant dont la mère est trop malade pour venir, qu’elle est grande la variété de la pauvreté ! Et pourtant, ils sont si dignes ; coiffés, bien habillés, presque rien ne laisse transparaitre leur pauvreté si ce n’est leur histoire.

sos chretiens orient egypte bidonville matarya chiffonniersLe Docteur Adel, un ami de l’association qui a travaillé avec Sœur Emmanuelle, traduit pour nous ce qu’ils veulent nous dire, nous pouvons avoir de vraies discussions avec chacune de ses personnes. Ce rendez-vous mensuel est si beau. L’ensemble de notre vie devient si relatif ; les problèmes que nous avons pu laisser en France deviennent si petit à l’échelle des leurs.

Beaucoup ne savent pas lire, n’ont pas de travail à part celui de ramasser les déchets, sont grandement malade, sont veuves à vingt-sept ans avec plusieurs enfants à charge parfois même handicapés. Une leçon de vie.

Quelques heures plus tard, tous les sacs ont été distribués et nous rentrons à notre appartement pour repartir plus tard à d’autre activités. Rendez-vous le mois prochain pour la prochaine donation à Matarya. Le porte de notre appartement est grand ouverte, rejoignez-nous !

« Trois, s'aidant l'un l'autre, suffisent pour porter la charge de six. » Proverbe espagnol

Adèle, volontaire en Egypte.

Si toi aussi tu rêves d’une expérience inoubliable, rejoins-nous, deviens volontaire !

Si vous ne pouvez pas partir, soutenez les familles pauvres des bidonvilles égyptiens.