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Les volontaires donnent des colis alimentaires aux familles pauvres syriennes.

FR - 31/10/2019

Le village chrétien de Khabab, situé au sud de Damas, a subi, pendant de longs mois, les assauts de tribus bédouines, venant des villages sunnites alentours et alliées du front Al-Nosra.

A de nombreuses reprises, ils ont tenté de prendre le village et ont tiré des obus sur les maisons et les lieux stratégiques. Armés d’une volonté farouche de protéger Khabab, les habitants ont formé une milice et les maisons en périphérie ont été transformées en poste avancé. Leur résistance courageuse a porté ses fruits puisque le village n’a jamais été envahi.

Cependant, comme dans tout le pays, les Syriens de Khabab souffrent encore aujourd’hui de ce conflit. Conséquence de la guerre et de l’embargo international qui paralyse le pays, plusieurs pères de famille ont perdu leur emploi d’avant-guerre et n’ont plus de ressources pour vivre, outre les revenus liés à la culture et aux récoltes des olives de leurs jardins.

Depuis novembre 2018, SOS Chrétiens d’Orient est très impliquée dans la vie du village en apportant notamment son aide aux familles les plus pauvres et en rénovant leur chapelle construite au III° siècle.

En cette fin septembre, la saison des olives approche. Nos contacts sur place nous désignent les maisons des familles dans le besoin. Par pudeur, celles-ci n’ont pas fait de demandes d’aide particulières alors qu’elles vivent un quotidien très difficile par manque de ressources financières.

Souvent, les fils ont été enrôlés dans l’armée arabe syrienne, certains se battent encore autour d’Idlib, d’autres ne sont pas revenus.

Les vieux pères de familles, dont les corps sont meurtris par de nombreuses années de labeur et fatigués de devoir constamment lutter pour la survie de leur village et de leur religion, doivent assurer à eux seuls l’avenir de leur foyer.

sos chretiens orient khabab enfants syriensCette après-midi-là, au détour d’un champ d’olivier, en dehors du centre-ville, nous nous arrêtons près d’une maison en travaux depuis plus de dix ans. Comme dans tous les foyers où nous avons été accueillis, la famille met un point d’honneur à nous recevoir dignement, confirmant la tradition levantine de « l’hospitalité d’Abraham » : café ou thé dans des tasses en porcelaine, gâteaux et sièges confortables.

Nous sommes reçus partout comme des hôtes de renom et, au premier abord, nous pourrions nous méprendre et nous demander si ces personnes ont réellement besoin de notre aide. Mais une fois les discussions entamées, nous nous rendons compte que la situation est bien pire que ce que laissait paraître cet accueil chaleureux.

La mère est décédée trois mois plus tôt d’un cancer foudroyant, laissant derrière elle une jeune fille de cinq ans.

Le père a, quant à lui, été victime d’une mauvaise chute qui s’est aggravée, lui faisant perdre l’usage de ses membres du côté gauche. Cet incident rend tous ses déplacements douloureux et l’a forcé à arrêter de travailler. Les deux ainés sont au Liban pour leurs études et ne peuvent faire parvenir de l’argent à la famille.

La solidarité des habitants de Khabab est importante mais ne suffit pas pour leur permettre de vivre décemment.

Compte tenu de la situation, nous décidons de leur apporter un colis alimentaire à notre prochain passage à Khabab, suffisant pour subvenir aux besoins d’une famille pendant deux mois.

sos chretiens orient syrie khabab donation colis alimentaire volontairesUne semaine plus tard, nous nous arrêtons dans un commerce local pour acheter farine, lentilles, pâtes, riz, conserves, pois chiches, sauces, sucre, sel, thé, café… que nous allons distribuer. Nous tâchons de prendre tout le nécessaire en nourriture, et en quantité.

Nous ajoutons des cadeaux « made in SOS Chrétiens d’Orient » pour les jeunes enfants : un cahier de jeu et de Français (projet développé par les volontaires de Homs en 2019), un chapelet et des médailles de la Sainte Vierge.

Toujours reçus avec la même générosité, nous posons les colis alimentaires dans la cuisine. Suivant la tradition syrienne, le père de famille dépose les cadeaux que nous lui tendons, sur le sol. Par politesse, il les ouvrira après notre départ. Mais derrière cette réserve polie, nous voyons dans ses yeux une gratitude immense. Dans les autres familles, nous donnons directement les cadeaux aux enfants qui, timides, s’enfuient jouer avec leur nouveau cahier.

Grâce à vos dons, ces familles syriennes de Khabab ont de quoi se nourrir pendant quelques semaines.

Eprouvées par la guerre et la faim, elles tiennent bon malgré tout, sans se plaindre, sans réclamer, sans s’apitoyer sur leur sort. Et pourtant, n’auraient-elles pas toutes les raisons du monde de le faire ? Pourquoi ne le font-elles pas ?

Un colis alimentaire pour une famille de Khabab coûte en moyenne cinquante euros.  Sept colis alimentaires permettent de nourrir sept familles pendant deux mois.

Soutenez l'action des volontaires et les familles de Khabab. Faites un don.

Jean Baptiste, volontaire en Syrie.