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700 ans de tatouage chrétien à Jérusalem.

FR - 19/11/2019

Jérusalem, XVIII° siècle. A quelques mètres de la porte de Jaffa, la famille copte Razzouk ouvre une boutique de tatouage chrétien au cœur de la vieille ville, dans la rue menant à l’église du Saint-Sépulcre.

emile salman razzouk tatoo jerusalem terre sainteWassim Razzouk, chrétien palestinien, dernier héritier de ce savoir-faire ancestral, poursuit l’œuvre de sa famille utilisant les moules en bois de ses aïeux, perpétuant une antique tradition des Églises orientales.

Le plus ancien tampon gravé dans du bois d’olivier est une croix de Jérusalem datant de près de 500 ans et lui provient de son héritage familial transmis de père en fils. Certains motifs tels que la Résurrection du Christ, la Crucifixion, la Croix de Jérusalem ou de Saint George datent du XVIII° siècle.

En Terre Sainte, Yacoub Razzouk, le grand-père de Wassim, fut le premier à utiliser une machine à tatouer électrique, fournie par une batterie de voiture. « Beaucoup d’artistes ont appris de lui, et il est également mentionné dans de nombreux livres et magazines consacrés à l’histoire du tatouage, notamment religieux et chrétien », souligne Wassim.

razzouk tatoo jerusalem terre sainteSelon le témoignage de Procope de Gaza, les chrétiens nés en Terre Sainte au VI° siècle seraient les premiers à s’être fait tatouer. Vers le VII° siècle, avec l’arrivée de l’Islam en Egypte, les coptes, sont tatoués de force d’une croix sur leur poignet droit intérieur. « Sans ce signe, il était difficile pour eux d’entrer dans les églises », explique Wassim. Au fil du temps, ils finissent par adopter cette tradition et la croix tatouée devient un signe d’appartenance aux Eglises coptes.

Aujourd’hui, la tradition demeure. De leur pèlerinage en Terre Sainte, certains rapportent des chapelets en bois d’olivier, de l’encens, des polos « I love Jesus », d’autres y préfèrent le symbole fort du tatouage chrétien. Latines, maltaises, celtiques, éthiopiennes, russes orthodoxes… le choix est large et contente le plus grand nombre.

Renee Ghert Zand Times of Israel razzouk tatooDes centaines de pèlerins du monde entier affluent dans les Lieux Saints, particulièrement pendant la Semaine Sainte. Tous les jours des groupes se relaient dans la petite boutique blanche, qui ne désemplie pas. 

« Certains peuvent attendre des heures dans la queue, » raconte Wassim. Christ ressuscité, Vierge à l’Enfant, Saint Georges, le catalogue de Wassim met tout le monde d’accord. 

« Je ne me considère pas comme un tatoueur typique. Nous tatouons des pèlerins religieux, des personnes âgées, des prêtres et des moines. »

« Encore aujourd’hui, et pour longtemps, les pèlerins continuent à affluer vers ce petit commerce, en quête d’un souvenir pérenne de leur voyage en Terre Sainte, comme l’ont fait depuis le VI° siècle, tant d’autres avant eux. » (Aleteia)

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SOS Chrétiens d’Orient ne prend pas parti sur la question de l’interdiction du tatouage par l’Église catholique. L’association vous présente cette tradition antique.