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Petits plats et lanternes à Qaa pour accueillir un influenceur libanais.

FR - 27/11/2019

Samedi dernier, Qaa a accueilli comme un roi Anthony Rahayel, un ancien dentiste et photographe libanais reconverti en influenceur. Tous les restaurants et commerçants de la ville sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes pour l’accueillir et attirer des touristes. Nous saisissons cette occasion exceptionnelle pour multiplier les découvertes des saveurs orientales et les rencontres.

C’est à proximité d’une ancienne voie d’irrigation ottomane que nous rencontrons Anthony. Nous le suivons dans deux boucheries pour déguster de la viande crue – du foie ou des gésiers – mêlée à des oignons et/ou du labneh.

Nous sommes ensuite invités par un couple de personnes âgées à découvrir une nouvelle manière de préparer des olives pour en faire de l’huile. Nous nous attablons devant une étrange substance blanche inodore placée dans un bol.

Interloqués, nous attendons qu’Anthony se serve, avant d’en prendre à notre tour, en la saupoudrant de sucre. C’est un délice. « C’est de la graisse de mouton à l’état pur ! C’est rarissime et excellent. » Force est de constater qu’il a raison.

Après avoir remercié nos hôtes, nous reprenons notre périple culinaire dans un restaurant. Avant même de rentrer dans la pièce principale, nous pouvons sentir les multiples parfums qui se dégagent des différents plats. Les propriétaires du restaurant nous accueillent chaleureusement : ils fondent beaucoup d’espoirs sur la venue d’Anthony !

Pour l’occasion, ils ont mis les petits plats dans les grands : la table est chargée de victuailles de toutes sortes : œufs brouillés, labneh, boules de chanklich, sfihas, magdus, etc. Une fois de plus, c’est un régal. Anthony ne cesse de complimenter tout ce qu’il a l’occasion de goûter. Pour notre part, nous sommes repus.

Nous laissons Anthony poursuivre son odyssée gustative et nous lançons dans une brève randonnée vers la chapelle Sainte-Thérèse, surplombant le nord de la plaine de la Bekaa. Nous y contemplons un large panorama ensoleillé.

Vers 17h, chargés de plus de 200 lanternes chinoises volantes commandées pour l’occasion, nous nous rendons devant l’église Saint-Elias. Accueillir un influenceur libanais n’est pas chose courante. Nous voulons donc donner l’opportunité aux familles de participer, à leur manière, à sa venue. L’éclairage public est coupé aux alentours de l’église. Nous nous installons sur la place, et, aidés de notre infatigable compagnon, Hykmat, nous commençons à préparer les premières lanternes.

Au fil du temps, de plus en plus de familles rallient la place, qui devient trop étroite pour toutes les accueillir : les nouveaux-venus s’installent sur la route qui coupe le village, ce qui ne manque pas de provoquer l’ire de quelques automobilistes !

De notre côté, nous bataillons dans l’obscurité pendant une bonne heure pour montrer aux enfants et aux parents comment ouvrir ces « satanées » lanternes chinoises, sans les abîmer. Hykmat est complètement absorbé dans son travail : dans le noir le plus total, assis sur un muret, il parvient à accomplir une masse de travail considérable !

Alors que nous passons de groupe en groupe pour nous assurer que tout se déroule comme prévu, les premiers cubes de cire blanche sont allumés.

La place s’illumine. Les sourires se reflètent à la lueur de ces modestes flammèches et l’on entend les rires et les exclamations retentir, de-ci de-là, à travers la place, alors que les premières lanternes décollent. « C’est Ktiir helou », lance Anthony.

Et c’est ainsi que l’on pût voir partir au loin quelques dizaines de lueurs dans la nuit de la Bekaa.

Les volontaires assurent une présence permanente auprès des familles de Qaa. Grâce à vous, les petits commerçants ont eu la chance de mettre en avant leur art et tradition culinaire auprès d’un influenceur libanais de renom.

Soutenez les actions en faveur des Libanais, faites un don : www.soschretiensdorient.fr