Revue de presse

Irak, Syrie : la résurgence prochaine de l'État islamique est-elle pour bientôt ?

Sputnik

15 janvier 2020

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis en Irak feront-elles le jeu de l’État islamique*?

Pour Benjamin Blanchard, directeur général de SOS Chrétiens d’Orient, le nombre de djihadistes présents dans la région fait peser une menace de résurgence à ne pas sous-estimer. Entretien.

«Ce qui m'inquiète le plus, c'est la résurgence et la montée en puissance de l'EI* au cours de l'année, pas seulement dans le sud-est syrien mais aussi dans l'ouest de l'Irak», a déclaré à France 24 le roi Abdallah de Jordanie avant d’ajouter: «cela va devenir un problème pour Bagdad». Benjamin Blanchard, directeur général de l’ONG SOS Chrétiens d’Orient, qui est présente en Irak et en Syrie, mais aussi au Liban, en Égypte et en Jordanie, nous en dit plus.

Sputnik France: Peut-on dire que l’organisation État islamique* se réinstalle dans le Sud-est de la Syrie et dans l’Ouest irakien?

Benjamin Blanchard: «Il est trop tôt pour dire que l’EI* se réinstalle, par contre il est clair qu’il y a des risques, notamment avec les secousses en Irak, les montées de tensions entre l’Iran et les États-Unis, mais aussi les contestations à Bagdad contre le gouvernement fédéral irakien: avec l’affaiblissement des autorités irakiennes, il y a un risque de résurgence.

Avec l’invasion turque dans le nord de la Syrie, on a parlé de libération de prisonniers membres de l’organisation État islamique*. On voit bien que les supplétifs turcs sont pour beaucoup d’anciens djihadistes. L’offensive à Idlib est stoppée, du fait d’un accord entre la Turquie et la Russie, et Idlib reste un nid à terroristes, sous protection turque. A l’inverse, il y a quelques bons signaux, notamment le retour de l’armée syrienne dans certaines villes du nord-est syrien.»

Sputnik France: comment expliquer cette résurgence, et plus globalement le fait que l’EI* attire encore des combattants ?

Benjamin Blanchard: «Le califat comme entité territoriale est vaincu, mais il reste beaucoup d’islamistes extrémistes sunnites. Que l’entité s’appelle Daech* ou autre, le problème reste entier. Au fond, ce n’est qu’une question d’étiquette, l’État islamique ou Al-Qaida*, ça n’a pas d’importance: le fait, c’est que des groupes terroristes sont actifs et peuvent se renforcer. On n’a parlé que de Daech*, parce que les autres furent parfois considérés par certains comme des «rebelles modérés», mais c’est la même chose, les djihadistes passent de l’un à l’autre sans état d’âme. Et d’un pays à l’autre: il n’y a pas de frontière surveillée, c’est un désert, ils peuvent se balader de l’un à l’autre.»

Sputnik France: l’Irak a demandé aux troupes de la coalition de partir, cela ne sera peut-être pas le cas, puisque Trump n’a pas l’air disposé à rapatrier ses GI’s. L’Irak peut-il se débrouiller face à Daech sans les troupes occidentales?

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