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Visite du plus ancien monastère chrétien du monde

FR - 10/09/2018

Les volontaires de la mission Égypte ont échappé, le temps d’une journée, à l’agitation et au bouillonnement incessant de l’agglomération du Caire. Après trois heures de route à travers l’immensité aride du désert, ils se sont rendus sur les traces de Saint-Antoine, dans le monastère éponyme, à quelques encablures de la mer rouge. Avec eux, deux figures incontournables de la mission en Égypte. Notre aumônier, monseigneur Koussa, évêque arménien du Caire et le docteur Adel, compagnon de route de sœur Emmanuelle dont l’engagement auprès des chiffonniers est une formidable source d’inspiration pour les volontaires.

Ici, dans le père de tous les monastères du monde chrétien, la quiétude et la beauté du lieu sont saisissantes dans une terre pourtant si inhospitalière. Le thermomètre indique quarante degrés à l’ombre. Aucune végétation ne pousse, autour de nous, de la pierre ocre brulée par le soleil à perte de vue. C’est toutefois ici qu’Antoine le Grand, également connu comme Antoine l’Ermite ou Antoine d’Égypte s’isola au début du quatrième siècle et devint le premier ermite.

Aujourd’hui, cent-vingt moines continuent à vivre selon l’exemple de Saint Antoine. Accueillant pèlerins et visiteurs, ils travaillent à faire de ce lieu un havre de paix verdoyant.

A peine entré dans l’enceinte du monastère, un moine revêtu d’une tenue monastique atypique se présente au groupe de volontaires. Parlant couramment anglais, le frère Antonios a reçu la charge de servir de guide à toute personne souhaitant marcher sur les pas de Saint Antoine. Il porte fièrement une grande barbe grisonnante qu’il a l’interdiction de couper, et sa cuculle, sorte de capuchon noir, est coupé en deux par une ligne qui sépare douze étoiles, symbole des douze apôtres. Après une présentation autour d’un thé du personnage de Saint Antoine, de l’histoire du lieu et de la vie monastique, la visite à travers l’enceinte commence. Malgré un soleil de plomb, le jardin est verdoyant, alimenté grâce à une source, presque sacrée, qui a fait vivre pendant plus d’un millénaire le monastère tout entier. Les ruelles étroites d’un blanc éclatant abritent des petites salles anciennes faisant voyager les volontaires à travers les siècles. La chapelle en est l’illustration parfaite. Ainsi, des fresques datant du VIIe siècle sont encore visibles au milieu d’ornements plus récents, sous l’émerveillement des jeunes français.

Ensuite, le frère invite gracieusement le groupe à un déjeuner qui se compose de riz et de légumes du potager, accompagné de petites galettes de pain typiques de la région. Il fallait en effet prendre des forces avant d’accomplir l’étape la plus importante de la journée : atteindre la grotte du premier ermite au monde.

Ainsi, le petit groupe gravit, sous un soleil brûlant, les 1.200 marches menant à la minuscule grotte où le saint restait en silence pendant des heures à prier. L’immensité qu’offrait la vue laissait les volontaires dans la contemplation des merveilles de la création de Dieu. Arrivés en haut et après un passage particulièrement étroit, les volontaires découvrent une cavité abritant un petit autel placé juste à l’endroit où priait le saint homme. Le silence absolu et la pénombre amènent tout naturellement les jeunes français au recueillement. Arasés par l’éprouvante montée et touchés par la grâce du lieu, ils y sont restés un long moment avant de redescendre.

Cet endroit impressionnant et grandiose, son histoire et les moines qui y vivent ont inévitablement marqué les volontaires. Ils peuvent maintenant rentrer au Caire apaisés, prêts à reprendre leur travail.