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Être volontaire au Liban

FR - 18/09/2018

« Depuis deux ans, je suis cheftaine scoute. Depuis deux ans, j’accompagne des handicapés à Lourdes pendant les vacances de Pâques. Depuis deux ans, j’ai la volonté de servir mon prochain. Étudiante en droit, mes longues vacances d’été me permettent facilement d’envisager un engagement utile. De fil en aiguille, je me suis retrouvée au Liban, à Beyrouth. C’était la première fois que je partais seule si loin et si longtemps. C’est la première étape de l’engagement : le dépassement, de ses peurs, et de soi.

Ma mission avec SOS Chrétiens d’Orient s’est donc déroulée au Liban, pays d’origine chrétienne, que j’avais un peu étudié en cours d’histoire mais que j’ai appris à connaître en préparant ma mission. C’est la deuxième étape, la plus importante : la découverte et l’apprentissage. Cette étape est essentielle puisqu’en rejoignant une association ou un projet, on s’engage à comprendre pourquoi cet engagement est nécessaire.

J’ai pu discuter avec des Libanais et ai appris à quel point leurs récits étaient passionnants. Les divers échanges avec nos traducteurs, les familles libanaises ou réfugiés syriens ou irakiens, nous permettent d’avoir un avis plus constructif et objectif sur la situation du pays.  Leurs histoires personnelles, toujours racontées avec beaucoup de simplicité et d’humilité, sont très différentes et surtout émouvantes. D’une famille qui a toujours vécu au Liban, nous pouvions passer à une famille qui a fui l’Irak à cause de la guerre. J’ai vu de tout mais je n’ai pas tout vu et cette richesse de personnes est aussi fascinante que passionnante.

Pourtant, ces familles ont un point commun : elles sont pénétrées par une Foi immense. Tous les foyers visités ont une croix ou un petit chapelet accroché dans le salon. Religion affichée et clamée. Le Liban étonne et surprend par cette forte présence de la religion dans ses rues et chez ses habitants. Vécue en privée en France, elle fait partie intégrante de l’identité du Libanais. Il est même possible de connaître la religion des Beyrouthins en fonction du quartier qu’ils habitent.

La Foi fait également partie intégrante de nos journées qui débutent toujours par une prière et chaque visite dans une famille se termine par un « Notre Père » en arabe suivi d’un « Je Vous salue Marie » en français. Si la forme ou la langue change, je me suis sentie soutenue dans une seule et même Foi et j’ai eu besoin de celle-ci à certains moments du voyage ; notamment au bout de quelques jours, quand mes proches ont commencé à sérieusement me manquer, ou quand une responsabilité m’a été donnée et que je ne savais pas comment la gérer.

J’ai aussi appris quelque chose que je savais essentiel, mais que j’avais jusque-là décidé de laisser de côté : l’esprit de groupe et de cohésion. Que ce soient les familles de réfugiés ou les familles d’origine libanaise, toutes ont été touchées et émues par nos visites et nos prières. Elles se sentaient seules et maintenant, elles savent qu’elles ne sont pas oubliées. Cette idée les remplit de joie ! Nous arrivons par groupe de 3 ou 4 chez eux et nous voir si « nombreux » les aide et les soulage. Rien que notre présence est un signe, comme pour dire « Eh ! Vous n’êtes pas seuls et nous pensons et prions pour vous ». Leur regard s’illumine quand nous expliquons qui nous sommes. C’est un regard plein de gratitude et de reconnaissance, un regard bienveillant qui nous fait pousser des ailes : elle nous donne l’envie de les aider toujours plus.

C’est une expérience incroyable que de partir au Proche-Orient, que de dédier son temps aux autres et surtout de se sentir unis dans la Foi. »

Mahaut, volontaire à Beyrouth à l'été 2018.

 

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