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« Certes, Daesh a été vaincu mais l’idéologie demeure »

FR - 02/10/2018

Monseigneur Nicodemus Daoud Sharaf, archevêque syriaque orthodoxe de Mossoul, exilé à Erbil, était à Paris du 27 septembre au 3 octobre 2018. Témoignage.

Il a été reçu, le 2 octobre, à l’Assemblée nationale par Monsieur Gwendal Rouillard, co-président du groupe d’études sur les chrétiens d’Orient et par Monsieur Jean-Jacques Bridey, président du groupe d’amitié France-Irak. Le 3 octobre, il a été auditionné par Monsieur Bruno Retailleau, président du groupe de contact chrétiens d’Orient, Monsieur Jean-Pierre Vidal, président du groupe France-Syrie en présence de plusieurs sénateurs notamment du groupe France-Irak. Il a affirmé à plusieurs reprises lors de ces rencontres que la « présence [des chrétiens] en Orient est une nécessité. [ils sont] les racines de la chrétienté ».

Il est revenu sur l’arrivée de l’organisation État islamique à Mossoul et a rappelé que quelques mètres seulement le séparait de Daesh. « Cinq heures après avoir quitté la ville, l’organisation a pris le contrôle ». 125 000 personnes ont dû fuir et se sont retrouvées à la rue à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Avec la chute de Mossoul, 1800 ans d’histoire, des manuscrits datant du IIe siècle, des églises et des couvents datant du IIIe siècle ont été détruits. « Nous sommes passés par une crise importante, il nous manquait du soutien. Nous sommes reconnaissants à ceux qui nous ont aidé sans faire de distinction entre orthodoxes et catholiques ». 

Monseigneur Daoud a dressé un état des lieux de la situation sécuritaire en Irak. Les minorités, particulièrement les chrétiens, souffrent de l’instabilité qui règne dans le pays et la menace terroriste qui persiste : « Certes, Daesh a été vaincu mais l’idéologie demeure ».

Les forces irakiennes et kurdes, soutenues par la coalition internationale, ont libéré Mossoul et la plaine de Ninive en juillet 2017. Mais les stigmates de la guerre resteront longtemps dans les mémoires et le paysage de la ville. Pour l’archevêque syriaque orthodoxe, « la présence des chrétiens à Mossoul est compromise pour de nombreuses années. » Trois cents des cinq cents familles comptent néanmoins rester à Duhok. Hélas, aujourd’hui, les syriaques orthodoxes sont contraints de louer des églises aux autres communautés pour célébrer la messe. 

SOS Chrétiens d’Orient contribue à la construction de la seule église syriaque orthodoxe à Duhok, pour inciter les familles à s’enraciner.

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