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Sur les pas de Saint Charbel. Un saint, un pays, le Liban !

FR - 30/10/2018

Pendant une semaine, du 20 au 27 Octobre, un groupe d’adolescents Toulonnais ont découvert le Liban avec SOS Chrétiens d’orient et Élisa Bureau, spécialiste du Proche-Orient. Le Père Augustin-Marie de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier accompagnait spirituellement ces jeunes pèlerins.

Le Liban est un pays fascinant contrasté tant par son climat que par sa population où s’entrechoquent les civilisations et les religions depuis deux mille ans.

Le début du voyage se passe dans le Sud luxuriant au milieu des champs de bananiers à quelques kilomètres de la frontière israélienne, où le vrombissement des avions à réaction rappelle que la région est sensible.

Marie, la Mère de Jésus est passée par Maghdouche et les ruines de Tyr marque la présence des Phéniciens puis des Romains avec l’Empereur Adrien. Autour de ce site grandiose classé « patrimoine mondial de l’humanité » par l’UNESCO, un camp de blindés de l’armée libanaise jouxte les ruines ainsi qu’un camp de déplacés palestiniens depuis 1947...

Les jeunes ne sont pas prêts d’oublier leur rencontre avec sa Béatitude Grégoire LAHAM, Patriarche émérite de l’Église grecque-melkite catholique. Impressionnant de lucidité, évoquant le Synode des jeunes, il s’adresse avec force et simplicité au groupe : « une Église sans jeunes n’a pas d’avenir ; un jeune sans l’Église n’a pas d’avenir. »

Quittant le bord de mer, ils s’enfoncent dans les montagnes du Chouf où vivent les fiers et terribles druzes, décrits admirablement par Alphonse de Lamartine. De longues moustaches couvrent leurs lèvres et retombent des deux côtés de la bouche ; une espèce de tunique courte et de couleur rouge est un vêtement uniforme pour tous les Druzes et pour tous les montagnards ...

Puis c’est à direction de la grande plaine agricole de la Bekaa, coincée entre la chaîne du Liban et l’anti-Liban. Cette région stratégique longe la Syrie. Les Chiites la peuplent majoritairement et est sous contrôle du Hezbollah dirigé par Hassan Nasrallah. De nombreux villages chrétiens comme Zahlé ou Ras-Baalbek protègent leur identité.

Ils font escale dans le Sanctuaire Marial de Beshwat, porte d’entrée de la citadelle Chrétienne, au pied du mont Liban. Une courageuse jeune femme française de 25 ans y vit avec son mari Paul. Gabrielle est une ancienne volontaire de l’association. Totalement déterminée elle veut vivre ici, s’enraciner dans cet endroit marqué par les apparitions de la Vierge Marie au siècle dernier.

Autour d’elle, des adolescents libanais nous accueillent avec l’hospitalité légendaire des Libanais au programme baby-Foot et billard !

Leur périple se poursuit vers la Kadhisa, la vallée sainte à plus de 1200 mètres d’altitude. Ils arrivent à Bécharré où les cèdres, symbole du pays, s’élèvent vers le ciel comme pour appeler Dieu.

Ce n’est pas par hasard, qu’ici, est né, à Bqa Qafra, Youssef Makhlouf, le futur saint Charbel.

La vallée profonde est truffée de monastères, d’ermitages, accrochés aux falaises impressionnantes. Les chemins escarpés sont percés dans la roche. Les adolescents sont passionnés par ces paysages grandioses.

Le temps passe, et, nous devons partir vers la côte libanaise. Le passage par l’antique Byblos est l’occasion de replonger dans la mémoire d’une des plus vieilles cités au monde dont l’origine remonte à huit mille ans. Élevée sur les vestiges des remparts de la ville antique, la citadelle des francs bâtie en 1104, est l’une des plus anciennes constructions d’origine franque en Terre Sainte.

Le dernier jour enfin nous voici sur Jounieh, une ville côtière du Liban, à quelques kilomètres de Beyrouth sous un promontoire montagneux s'élevant à pic jusqu’à 550 mètres. Habitée  par des chrétiens Maronites, elle fut, pendant les événements de 1975-1990, une ville refuge pour une grande partie de cette population protégée par les Phalanges chrétiennes. Ici, Notre Dame de Harissa veille sur les Libanais.

Là, le Père Dergham, dans son monastère Syriaque, veille sur les trésors uniques : des bibles du IVème Siècle !

Ce voyage, ce pèlerinage est arrivé à sa fin. Nul doute que ces jeunes français n’oublieront pas de sitôt le Liban ; d’être allés à la rencontre des Libanais si heureux de nous rencontrer et de prier avec nous pour ne plus avoir peur.