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Vestiges de Palmyre, joyaux des temps antiques

FR - 19/11/2018

Seize volontaires français de SOS chrétiens d’Orient ont eu le privilège de visiter ce jeudi la ville de Palmyre, martyrisée par deux occupations successives de l’organisation État islamique. Ils étaient parmi les premiers visiteurs étrangers de cette ville martyre, berceau de l’humanité et carrefour des civilisations. L’empreinte de Daesh est visible partout. Au détour d’une rue d’une ville encore fantôme, c’est une église brulée qui en témoigne. L’ancien musée n’a que peu changé depuis le départ des terroristes, comme l’attestent les statues détruites dont les visages sont systématiquement brisés à la masse. Le bruit des pas sur le verre brisé résonne dans cet édifice aujourd’hui éventré, autrefois visité du monde entier. « Le tombeau d’Artaban en bas-relief est sectionné au niveau des têtes, comme s’ils avaient voulu décapiter les statues », témoigne Marie-Emilie.

Invités par les gardiens, ils auront la chance unique de pouvoir monter jusqu’en haut des remparts de l’ancien temple, et de contempler depuis ces hauteurs l’immensité de la cité antique. Le soleil rougit la pierre usée par le temps et maltraitée par l’idéologie destructrice, mais toujours debout. On s’étonne de cette colonne qui semble ne tenir que par miracle, et de la verdure de la palmeraie. « J’ai eu la chance de toucher ces gigantesques moellons de colonnes vieux de plus de 2000 ans. Cette pierre rouge et blanche, déformée par le temps, c’est tout simplement extraordinaire », révèle Basile.

La longue colonnade qui s’avance jusqu’au théâtre donne l’impression d’avoir gardé ses principales caractéristiques. Un volontaire s’interroge : « J’essaie de m’imaginer ce qu’a pû être cet endroit. Le nombre de personnes qui devaient être présentes, les cris des marchands, les pas discrets des femmes et la lente démarche des prêtres païens. Quelle idéologie autre que diabolique peut vouloir détruire des splendeurs pareilles ? C’est très impressionnant de voir toutes les inscriptions apposées par les terroristes. Ça vous met en face de la réalité, si proche dans le temps ».

A la visite du théâtre, l’émotion l’emporte sur l’émerveillement. « On a envie de réciter du Rostand ou du Corneille ! Les représentations dans ce cadre, dans un théâtre plein, ça devait être fantastique !» s’enthousiasme Paul-Louis. Mais là où elle fut jouée il y a des siècles, la tragédie a pris chair ici même sous la main des hommes en noir. A cet endroit précis furent égorgés et exécutés des dizaines d’otages. Isaure confie son émotion : « J’ai pris une claque ! Je suis heureuse d’être là, mais aussi très triste de voir ces destructions et de savoir que c’est ici qu’ils ont mis à mort autant de personnes ». Frappés à la fois par plus de deux milles ans d’Histoire et par les stigmates encore vives des souffrances du peuple syrien, les volontaires se recueillent, murmurent une prière et chantent l’Espérance.

L’Espérance de la vie, qui, malgré tout, continue à Palmyre. L’Espérance de voir un jour ce site à nouveau rayonner dans le monde entier. L’Espérance de la renaissance pour cette ville aussi. Ce même jour, les palmyriens ont appris officiellement qu’ils pouvaient revenir définitivement dans leur ville libérée.

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