Actualités

Nous partageons tous un même idéal : aider les chrétiens d'Orient

FR - 19/12/2018

Je m’appelle François-Régis, j’ai 26 ans et je suis paysagiste à Nantes. En 2018, j’ai eu l’occasion unique de partir en Irak pendant six mois avec SOS Chrétiens d’Orient. J’ai suivi la trace de plusieurs de mes amis qui s’étaient engagés avant moi. Je voulais vivre une expérience de volontariat au cœur des communautés chrétiennes du Proche-Orient, pas juste à côté d’elles, et découvrir les différents rits orientaux, catholiques et orthodoxes.

Au chômage à ce moment-là, je suis parti très vite pour une expérience hors-norme en Irak.

A mon arrivée à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, je prends vite conscience de l’ampleur des tâches à effectuer. L’équipe étant réduite à cinq volontaires, nous devons être rapidement polyvalents pour faire avancer les projets de la mission. J’ai été nommé « responsable de la maison » : répartition des tâches ménagères, organisation des tours de cuisine, accueil des nouveaux volontaires… Une fois dehors, je visitais et évaluais les besoins des familles réfugiées de Syrie et déplacées de la Plaine de Ninive. Elles n’ont plus rien, donnent tout et manquent de tout. Nous nous occupons également régulièrement des enfants syriaques orthodoxes. Quelle joie à chaque fois de retrouver leur visage joyeux et sourire lumineux.

Une seconde aventure m’attendait à Alqosh, village chaldéen au nord de la plaine de Ninive. La vie en antenne est très différente ! La sécurité passe avant tout mais nous sommes un peu plus libres de nos mouvements. Cela ne représente pas grand-chose pour nous en France, mais ici, se rendre à pieds sur nos chantiers est une vraie chance. Parlons-en des chantiers ! Nous participons au projet « Love and Joy » créé par Jean Vanier, il y a 20 ans, sur le même système que l’Arche. Tous les volontaires mettent la main à la patte pour rendre le centre agréable à vivre pour les handicapés : colmatage des fissures dans les murs, peinture et réaménagement.

A mon arrivée, le parc public fait grise mine. Il faut voir l’étendue des dégâts. Les tensions suscitées par le référendum pour l’indépendance du Kurdistan ont forcé l’association à évacuer les volontaires d’Alqosh. Les hautes herbes se sont donc tranquillement réinstallées dans cet espace vert. J’ai réussi à le remettre un minimum en état grâce à une tondeuse électrique, deux heures d’électricité par jour et beaucoup de patience.

Après un mois et demi passé dans ce village, changement de décor ! L’association ouvre une quatrième antenne dans le pays, plus au nord dans le petit village de Badaresh, situé dans la vallée de la Sapna, à une quinzaine de kilomètres de la frontière turque. 33 familles habitent dans ce petit hameau.

La vie était folle là-bas ! Je m’y fais une seconde famille. Les habitants sont toujours chaleureux et ont la main sur le cœur. Il ne se passe pas une semaine sans que nous ne soyons invités à déjeuner ou à dîner au moins quatre ou cinq fois. Le mokhtar (chef) du village m’a même proposé un travail, un salaire, une femme, une maison et une voiture. Le chef de chantier est allé plus loin en me proposant une place au cimetière !

J’étais responsable de l’un des pôles les plus importants de la mission, le pôle spiritualité. Les activités ne manquent pas là-bas. Nous refaisons le carrelage et les revêtements intérieur et extérieur de l’église, nous débroussaillons le cimetière afin de pouvoir le clôturer et de faire une salle de stockage pour le matériel, nous déblayons et rénovons la chapelle de Benatha, un petit village proche du nôtre. Cette chapelle a été détruite dans les années 70 après le pillage par les kurdes. Nous y vivons un moment très émouvant et impressionnant. Alors que nous travaillons sur le chantier de fouille, un groupe de villageois s’approche, se mets à prier et chanter pour remercier le Seigneur de l’action de l’association.

Pour le projet d’usine de stockage de pommes, nous nous allions aux équipes de Ninive Horizon, association spécialisée dans l’agriculture. Pendant plus d’un mois, nous visitons les vergers, nous entretenons avec les agriculteurs et évaluons les besoins. Dans le prolongement de toutes ces activités, nous mettons en place des formations pour apprendre aux villageois la taille des arbres, l’entretien des parcelles et l’irrigation.

En dehors de toutes ces activités, nous avons partagés de grands moments de complicité avec les villageois ou avec les volontaires. De véritables amitiés se créent en quelques mois. Nous allons de découvertes en découvertes sur la foi des communautés chrétienne du pays ou même avec les paysages et les monuments visités. Mon meilleur souvenir en Irak reste la célébration des Rameaux à Qaraqosh ; le monde dans les rues en costumes traditionnels alors qu’il reste encore les stigmates du passage de Daesh partout dans la ville.

Pour ceux et celles qui hésitent à se lancer, n’hésitez plus ! C’est une aventure humaine hors du commun pendant laquelle on vit des moments forts avec d’autres jeunes venus de la France entière et même d’autre pays. Nous partageons tous un même idéal : aider les chrétiens d’Orient et témoigner de notre mission. Je poursuis actuellement ma mission en Égypte pour découvrir un autre pays et d’autres rits. Sait-on jamais, je retournerai sûrement en mission, encore une fois. Inch’Allah.