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Pour que l’Orient vive et demeure.

FR - 28/12/2018

« Le temps est gris ce matin, alors que le père Ambroise, frère de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, et moi passons les portes de la ville de Qaraqosh. J’avais dans l’idée de lui faire voir cette cité détruite et meurtrie par des années de guerre. Nous avons quitté le Kurdistan au petit matin,pour la plaine de Ninive. Si nous sommes ici, c’est pour découvrir le triste spectacle de ces rues aussi blessées que son peuple, qui témoignent des évènements de 2014 dans la Plaine de Ninive.

Il devient difficile pour nous de ne pas relever les yeux. Une foule nombreuse, descendue dans la rue, s'avance en procession vers la cathédrale. Au loin, la nouvelle peu à peu se répand. « Le cardinal Parolin est là ! C’est lui ! Le Secrétaire d’Etat du Saint Siège, il est là, en Irak ! »

C’était en effet la raison qui rassemblait les habitants de Qaraqosh ce matin : un homme venu les voir, un homme qui à lui seul représente le Vatican, le pays du Saint Père. Il est venu fouler le sol ensanglanté de ses frères, venu insuffler du courage et de la force aux fils et filles de nos premiers saints.

La sainte messe est célébrée en son honneur, sous les voûtes de la grande cathédrale syriaque catholique d’Al Tahera. Sont présents, le patriarche Younan, Monseigneur Petros Mouche, archevêque syriaque catholique de Mossoul, de Kirkouk et du Kurdistan, Monseigneur Abba, archevêque syriaque catholique de Baghdad et Vicaire général de Basora et du Golfe arabique, ainsi qu’un visage bien connu des volontaires, celui de Monseigneur Najeeb, nouvellement nommé archevêque chaldéen de Mossoul !

Quelle chance d’assister à une telle messe, pendant laquelle chrétiens d’Orient et d’Occident prient ensemble, sur le même sol. Déjà il est l’heure pour nous de sortir ; la messe s’achève. Sur nos visages à tous rayonnent la même lumière. Je m’approche du Cardinal dont je baise la main. Un sourire fugace, voilà ce qu’il m’adresse, à moi mais aussi à toute ma mission.

Il se retourne et s'en va. Son regard renforce ma conviction : Nous continuerons. Nous oeuvrerons ici, pour la France, pour l’Europe entière, pour l’Église. Nous nous battrons pour que l’Occident soutienne l’Orient. Pour que l’Orient vive, et que l’Orient demeure.  »

 

Julien, adjoint chef de mission en Irak.