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Ce Noël restera gravé dans leur mémoire à tous.

FR - 04/01/2019
Nous sommes le 4 janvier 2019. Beaucoup d'entre nous pensons que la nouvelle année est arrivée si vite, sans même s'annoncer. Nous nous dévisageons les uns les autres. Certains sont en tenue de père Noël, les autres ont les bras chargés de paquets. 
Nous contenons difficilement le sourire qui nous vient aux lèvres alors que nous avons la chance de revivre la joie de Noël. Parce que pensez-y, vous le connaissez sûrement ce sentiment de lendemain de Noël, de 26, de 27 ! Nous l'avons tous ressenti un jour ou l'autre, ce vide après tant de fêtes, tant de joie, tant de moment partagés. 
Aujourd'hui c'est cette lumière-là qui court sur les visages des petites silhouettes venues nous entourer. Ici l'esprit de Noël est encore là. Il ne fait même que commencer pour les syriaques orthodoxes. Tout est apprêté, la salle est pleine de familles. Chaque mère emmène tour à tour ses enfants, ses petits pères Noël, prendre place auprès des autres, sur les rangées de chaises qui les attendent. Mais moi, c'est une toute autre chaise qui retient mon attention… Un siège de velours rouge, celui de Monseigneur Daoud Sharaf, archevêque syriaque orthodoxe de Mossoul, Kirkuk et de tout le Kurdistan. Il est assis ici ; son siège attenant aux places des volontaires.
Chacun de ces visages, ces enfants, ces professeurs, nous les connaissons. Cette année nous avons dansé avec eux, chanté avec eux ; ils nous reconnaissent et de loin nous adressent des signes de main. "Hello !!" crient-ils fièrement, jetant un coup d'œil timide aux deux pères noël qui nous accompagnent. L'un des deux leur est plus familier bien sûre, c'est Grégoire, celui-là même qui deux semaines auparavant est passé dans leurs classe leur distribuer des cadeaux. 

Mais cette fois, nous sommes venus offrir des cadeaux à leurs professeurs, en reconnaissance de leur travail et fort engagement pour la garderie. Leurs remerciements sincères nous réchauffent le coeur. 

Défilés en costumes rouges et blancs, parades, jeux, rires, ces têtes si familières font plaisir à voir. Nadia, Youssef, Cassandra, Matti… Nous nous lançons des regards, le sourire est contagieux. Même Monseigneur Daoud Sharaf les regarde les yeux brillants, touché par les multiples attentions qui lui sont portées. Des bouquets, des chansons, des danses, des discours. 

Puis il invite l'un des petits garçons à le voir de plus près. La salle se tait. Tout le monde a les yeux braqués sur cette image d'un archevêque coiffant un enfant, le futur de son église et de sa communauté, d'une mitre sacrée, bien trop grande pour lui. Le garçon est trop timide pour répondre quoi que ce soit à ce geste, si ce n'est murmurer son nom, le sourire impressionné coincé au coin de sa lèvre. Il ne semble y croire et réaliser à qui il a affaire.

Ce soir, Monseigneur Daoud Sharaf a été plus présent que n'importe quel Père Noël. L'archevêque se lève de sa chaise, applaudit au spectacle, va parler à chacun. Il les remercie, les félicite pour leur assiduité en classe et leur remet à tous un cadeau, offrant à leurs parents le souvenir d'une photo. Mais surtout, il offre l'image d'un Noël qui restera gravé dans leur mémoire à tous, ainsi que dans la nôtre.
 
Marie, volontaire en Irak.