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Syrie : pour que demeure toujours une présence chrétienne sur cette terre

FR - 07/01/2019

« En Syrie comme partout ailleurs, les fêtes de fin d'années sont l'occasion d'entretenir ses relations. Et en Syrie plus qu'ailleurs, la diversité des communautés, en particulier chrétiennes, implique un grand nombre de liens à préserver pour les volontaires.

Nous sommes donc allés rencontrer les représentants des différentes Églises avec lesquelles nous travaillons. Des Syriaques Orthodoxes aux Grecs-Melkites-Catholiques en passant par les Maronites et les Grecs-Orthodoxes, la liste de personnalités à visiter est longue. Au-delà des boîtes de chocolats offertes, des cafés arabes (cafés très serrés assaisonnés à la cardamone), des poignées de main et des photos, ces visites nous permettent de montrer à nos hôtes un autre visage de la France.

Une France encore chrétienne, et solidaire de ses frères d'Orient. Car passées les politesses d'usages, nos échanges avec ces chefs d’Église nous ont permis de percevoir, une fois de plus, leurs inquiétudes de pasteurs qui voient leur troupeau éprouvé, et soumis à la tentation de l'exil.

Ainsi en va-t-il de Sa Sainteté Ephrem, patriarche des Syriaques Orthodoxes, à Damas, qui nous a longuement entretenu de la délicate situation des chrétiens en Syrie, notamment de la jeunesse qui ne rêve que d'Occident. Les exemples abondent, malheureusement. Canada, Allemagne, Suède, France, Grande-Bretagne... on ne trouve pas un chrétien qui n'ait de la famille dans l'un de ces pays.

Un des volontaires syriens avec qui nous travaillons à Homs m'avait fait part de son souhait de s'installer en France pour échapper au service militaire et avoir un meilleur niveau de vie, et m'a confirmé que c'était le cas de beaucoup de jeunes syriens, majoritairement des hommes, les femmes n'étant pas mobilisées par l'armée.

À cela s'ajoute les nombreuses difficultés socio-économiques, et, pour les chrétiens, particulièrement touchés par ce fléau de l'exode, la difficulté à vivre pleinement leur foi dans une société majoritairement musulmane. Nous ressortons donc de ces visites avec des raisons supplémentaires, s'il en fallait encore, de continuer à travailler avec eux, pour que demeure toujours une présence chrétienne sur cette terre qui abrita les premiers chrétiens, nos pères dans la foi. »

Louis, volontaire à Homs.