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Retraite des volontaires à Deir Azeir

FR - 04/02/2019

Pour les volontaires en mission aussi, le dimanche est un jour de repos. La semaine dernière, nous en avons profité pour rendre visite aux trappistines du petit village maronite d'Azeir, non loin de la frontière avec le Liban, à mi-chemin entre Homs et Tartous. Arrivées en Syrie en 2005, les quatre religieuses provenant du monastère de Valserena, en Italie, désirent suivre l'exemple des moines de Tibhirine, avec l'espérance que « l'humble présence de personnes orantes », comme elles se définissent, soit un témoignage pour les habitants de cette région et pour les visiteurs de passages. Voici le compte rendu de notre journée de sortie passée dans leur monastère, qui fut riche en découvertes et en moments de partage.

Nous avons assisté à la messe dans la petite chapelle du monastère. Retrouver le rit latin après plusieurs mois de cérémonies orientales nous a fait plaisir à tous ! Nous avons beau être admiratifs de ces belles célébrations, la difficulté à en comprendre la langue et les rites peut nous les faire paraître longues...

Dans les jardins, sous un soleil tiède, les parterres étaient constellés de petites fleurs jaunes fraîchement écloses : nous nous serions crus au printemps ! Le temps était donc avec nous pour cette journée de détente, loin de la ville et de son bruit permanent. Nous en avons bien profité : au soleil, loin de nos préoccupations quotidiennes, il flottait comme un air de vacances, et l'espace de quelques minutes, nous nous serions crus retournés en cours de récréation !

Après un repas partagé dans l'une de ces curieuses petites maisons en dôme qui parsèment le terrain du monastère, nous avons eu un temps d'échange avec sœur Martha, qui nous accueillait. Nous avons pu recueillir son témoignage sur la présence de sa communauté ici. Établies à Azeir depuis 2012, les religieuses y ont construit leur monastère, et aménagé un splendide jardin. Restées sur place malgré la guerre, elles ont pu organiser un réseau de solidarité en transmettant aux personnes nécessiteuses des dons provenant d'Europe. Maintenant que les combats se sont éloignés, elles comptent entreprendre une activité d'artisanat monastique. Récemment, l'installation de panneaux solaires offerts par un bienfaiteur leur a permis d'être moins dépendantes de l'électricité gouvernementale aux coupures fréquentes. Leur quotidien s'en trouve simplifié, et elles peuvent envisager d'utiliser des outils électriques pour leur future activité.

Du monastère, situé sur une hauteur, on peut apercevoir la mer par beau temps. Nous avons profité de notre temps libre pour nous promener. Les environs sont magnifiques. La région est fertile, les collines alentours sont verdoyantes, et les jardins sont remplis de citronniers aux branches chargées de fruits, dont nous ont fait profité les habitants. En revenant sur nos pas, nous avons rendu visite à Nawal, à qui nous reconstruisons la maison à Homs, pour lui permettre de revenir chez elle avec ses trois enfants. Son mari est mort avant la guerre ; elle habite actuellement chez sa belle-famille. Nous lui avons montré les photos du chantier. En la voyant très émue du soutien apporté par l'association, nous n'avons pu nous empêcher de penser à tous les donateurs qui permettent ces beaux moments.

Ce dimanche nous aura permis de découvrir le monastère d'Azeir, de partager de bons moments avec les sœurs et entre volontaires, et d'admirer une région que nous ne connaissions pas du tout !