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En Irak, nous servons ceux que nous aimons.

FR - 05/02/2019

« Et voilà, c’est la fin de cinq mois en tant que chef d’antenne à Teleskuf ! A vrai dire, début septembre, je ne devais rester que deux mois, et puis au fur et à mesure du temps j’ai décidé de rallonger. Une première fois en novembre, et une seconde fois en décembre cette fois-ci pour deux mois de plus. J’ai pourtant une vie qui m’attend en France : des amis à voir, de la famille, un boulot à trouver, mais non, je suis resté. Parce qu’il le fallait. C’était le moment pour moi de rester et d’en profiter. Qu'est-ce que l’Irak m’a apporté ? Je ne pourrais le compter. La prise de responsabilités, l’ouverture d’esprit, l’assurance, la confiance en soi … je ne pourrais vous dire tout ce que j’ai fait car j’en oublierais et ce serait réducteur. Autant vous laisser imaginer et ainsi vous dire que vous pourriez faire pareil. Je vais cependant tenter de vous aiguiller :

Les rencontres quotidiennes vous rappellent un monde que vous ne connaissez pas, et que si vous n’agissez pas rapidement, vous le connaîtrez bientôt en bas de chez vous. Quand on a tout perdu, le seul espoir c’est la fuite. Mais où fuir si c’est partout pareil ?

Le travail vous apprend l’humilité. Vous n’êtes pas payés, vous êtes dans un pays en guerre et vous vous retrouvez à peindre des bâtiments troués d’explosions alors que vous étiez quelques jours avant derrière un bureau entrain de prier pour que votre patron ne vous coince pas en train de regarder des vidéos sur YouTube. Ils me disaient ici « Nous servons ceux que nous aimons », cela résume bien ma pensée. Tous ces travaux, parfois pénibles, parfois distrayants, vous rapprochent de l’humain. C’est le partage, travaillez dur avec un étranger et l’échange sera des plus intéressant.

Ici, on se prend à ne plus penser à l’avenir. Je ne suis plus stressé, je ne me ronge plus les ongles. Les gens sont souriants, gentils, ouverts. Comment revenir en France en voyant ce qu’il s’y passe ? Je me sens plus en sécurité ici, entre Daech et les problèmes territoriaux Kurdes/Irakiens, qu’en France.

Votre séjour est ce que vous en faites. Levez-vous tôt le matin et vous verrez des paysages magnifiques. Notez ce que vous entendez et demandez une traduction, vous apprendrez la langue. Participerez aux débats, aux échanges. Vous avez la chance d’être européen, votre avis compte et vous avez de nombreuses choses à partager. Quand votre programme vous le permet, bougez, rencontrez, nettoyez, jouez avec les enfants. Soyez adulte car pour eux vous n’êtes pas des « jeunes », vous êtes des gens qui viennent vivre ce qu’ils vivent et ce qu’ils vivent n’est pas à la portée de tout le monde. Tout le monde n’aurait pas le courage de le faire. »

Adrien, ancien chef d'antenne à Teleskuf.