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Pour que résonne encore la musique des langues en Syrie.

FR - 14/02/2019

La Syrie avant la guerre était un pays de destination d’étude des langues et notamment de la langue arabe. Madame Reem travaillait depuis 1995 au centre de langue de Homs. Cet Institut très réputé permettait aux étudiants d’obtenir des diplômes de langues reconnus à l’international. 

Début mars de l’année 2011, les premières manifestations contre le gouvernement syrien éclatent à Homs, considérée comme la « capitale de la Révolution ». En moins de quinze jours, l’Institut devient difficile accessible pour les étudiants et le 4 avril 2011, l’horreur règne en maître !

Dans la rue derrière l’Institut, un militaire en route pour récupérer son fils et son neveu à la salle de gym attenante, est égorgé sans sommation. L’Institut est menacé. Les élèves apeurés contactent Madame Reem, directrice du centre : « Devons-nous venir en cours ? ». Que répondre d’autres que « non », la sécurité de tous les étudiants est en jeu. Les combats de rue prolongés et l’insécurité ambiante qui en résulte obligent le Centre linguistique à fermer. Il ne rouvrira jamais.

Par la suite, des groupes rebelles et terroristes établissent leur quartier général dans l’école. Ils utilisent les ordinateurs, pillent les livres, volent une photographie de la Tour Eiffel. Lorsque l’armée arabe syrienne reprend le contrôle du quartier, le centre est miné. Les bombardements achèvent de le réduire en cendres. Du bâtiment où résonnaient les différents idiomes du monde entier, il ne reste rien du tout ! L’Institut Selam a été rasé par la guerre ! Plus de bâtiments, plus d’étudiants, plus de directrice, tous ont fui la ville pour la vallée des chrétiens où une chance de survivre les a poussés. Reste uniquement et avec force la résonnance et l’amour des langues dans le cœur de Madame Reem et de son mari.

Les étudiants proches d’eux aspirent et demandent à reprendre l’enseignement. Face à ce désir des jeunes, Madame Reem propose de recréer un nouveau centre de langue mais cette fois dans la vallée des chrétiens à Myshtayeh. Elle contacte SOS Chrétiens d’Orient. Elle ne peut laisser ces jeunes, ils sont l’avenir, le futur, l’ouverture d’esprit qui les ouvriront aux cultures extérieures et à la reconstruction de leur pays. Les travaux du nouvel Institut commencent à la moitié de l’année 2018, c’est l’espoir.

Fin 2018, les premiers élèves repassent l’entrée de ce nouveau centre de langue. Tout est neuf. Le rêve de Madame Reem s’est achevé sans son mari, décédé avant de pouvoir entendre de nouveau l’exotisme des langues étrangères dans cet Institut tout neuf.