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Une semaine au Krak des chevaliers

FR - 24/05/2019

« Je vais travailler au Krak des Chevaliers pendant une semaine ! » C’est ainsi que j’ai annoncé à ma maman ma mission d’entretien de la forteresse syrienne. Je ne cacherai pas que le matin du premier jour, quand le Professeur Hazem, Directeur adjoint et ingénieur archéologique du site, est venu nous chercher, je pouvais à peine cacher ma joie à mes quatre camarades volontaires avec lesquels j’allais partager cette expérience inédite.

Après nous avoir offert le café amer et des cigarettes, le Professeur nous fait visiter l’édifice. Sa connaissance historique et surtout technique du site fait revivre en un instant ces ruines, jadis habitées par les différents ordres chevaleresques. J’ai hâte de participer à la mise en valeur, même modeste, de cet héritage de l’humanité.

Je suis missionné pour retirer la végétation qui recouvre le hammam construit par les mamelouks après la prise du château. Cela pour permettre aux futurs touristes de pouvoir y accéder sans risquer d'être mordu par des vipères.

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Je me sens pousser des ailes. Je crie aux volontaires: « cinquante mètres carrés de désherbage en une demi-heure de travail ! » et puis « Plus tard ils érigeront une statue sur la tour la plus haute avec une plaque qui lira mon nom et le titre : Fléau des plantes, Héros du Krak ! »

Pourtant le soir, quand avec mes camarades, nous dormons entassés dans une chambre, bercés par leurs ronflements, je me demande pourquoi je suis venu ici. Certaines réponses me viennent bien sûr naturellement. Il est juste de défendre et d’aider les chrétiens d’Orient, qui sont la preuve vivante de la coexistence pacifique entre les religions pour tout le Moyen et Proche-Orient.

Je suis également ici pour voir et comprendre. Comme l’association SOS Chrétiens d’Orient,  je peux donner un nouvel éclairage à mon entourage sur ce conflit, en grande partie contrôlé par l’image. Je veux aussi me prouver que je suis capable de partir à l’aventure et être un témoin physique des destructions qui figurent au crayon de couleurs sur les livres d’histoire. Les stigmates de la guerre sont présents partout : dans les cœurs, les esprits et sur les murs.

J’ai quitté le Krak sur un dernier échange simple avec les personnes rencontrées. Je leur ai promis de revenir. Ce que j’ai vécu est indescriptible et j’espère qu’un jour, vous aussi, pourrez le vivre.

Alessandro, volontaire italien en Syrie.

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