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Semaine Sainte : « Nous sommes saints des larmes du Christ. »

FR - 18/04/2019

Les jours les plus sacrés du christianisme (selon le calendrier Grégorien et le rit latin) sont arrivés.

Depuis la messe des Rameaux, qui célèbre l’entrée triomphante de notre Seigneur à Jérusalem, le tout à dos d’âne (oui il fallait de la prestance divine pour entrer triomphalement à dos d’âne dans la ville la plus sainte du monde !), les chrétiens du monde entier sont entrés dans la semaine sainte !

Imaginez un instant dans notre société individualiste, consumériste, et bien majoritairement athée ou du moins agnostique : voir les fidèles se réunir et entrer dans le Triduum Pascal.

Il y a encore quelques centaines d’années, cette semaine était fortement attendue, durablement célébrée. Mais de nos jours qu’en est-il ?

Qui sait, qui fait, qui accueille encore la Croix et son message triomphal ?

Notre-Dame a donné la réponse inconsciente à ces questions. Une réponse limpide, simple et grandiose : ce message, nous l’avons tous en chacun de nous bien enfoui dans nos cœurs de catholiques et de Français.

Qui n’a pas été ému, qui n’a pas rendu hommage à la Vierge dont l’écrin splendide était en proie aux flammes au Cœur Sacré de Paris ?

Dans l’inconscience occidentale, Jésus est toujours là ! Sa passion est prégnante, ses souffrances surpassent les maux du temps et sa résurrection fournit l’espoir suprême de toutes nos vies.

Les saints rites du Jeudi Saint, du Vendredi Saint, de la Vigile Pascale et de la messe de la Résurrection nous permettent d’adhérer pleinement au message du Christ ! Que ce soit chez nous sur le continent boréal de Gibraltar à Vladivostok ; mais aussi chez nos frères ainés dans la foi en Orient !

Chez les Syriaques de Syrie et d’Irak, les prêtres et les diacres tournent dans l’église pendant des heures, ensemble, jeunes et plus âgés. Unis pour commémorer la passion du Christ, le tout en récitant des prières en araméen, la langue du Christ et des apôtres ;

Les fidèles arméniens redoublent de voix pour chanter les gloria et les « Alléluia » de Pâques ;

Les admirables coptes d’Égypte prient 24 heures sur 24 pendant plus de 4 jours s’adonnant à une véritable dévotion christique pour la semaine sainte.

Les fiers maronites du Liban, retournent dans toutes les églises du pays, de la mer jusqu’aux plaines fertiles en passant par les hautes montagnes enneigées… pas loin de leurs maisons, Jésus a ressuscité il y a 2019 ans…

L’amour de Dieu nous envahit progressivement, amplement, résolument.

Son arrestation, ses supplices, son chemin de croix, sa crucifixion, sa sépulture, sa résurrection : tout est accompli, Il a racheté nos péchés pour l’éternité et nous laisse le monde en héritage.

Nous sommes bénis de son sang, saints de ses larmes, forts de ses paroles.

La croix plantée de clous, suintant la souffrance et dont le bois sera à jamais imprégnée d’un amour sans limite sera le symbole des croyants qui se lieront au Christ, qui auront mal à ses côtés et qui aimeront jusqu’à leur trépas.

Le Jeudi « in cena domini » : c’est le don du christ à l’humanité, c’est l’Institution de la Sainte Eucharistie.

Notre-Dame a été bâtie pour l’abriter comme toutes les églises du monde, Occident et Orient unis dans le mystère de l’Eucharistie.

Le soir même, nous sommes avec Jésus et les apôtres, endormis dans le jardin de Gethsémani. Nous veillons en attendant l’arrestation du Fils de Dieu.

Il ne se débattra pas et restera avec nous jusqu’au vendredi Saint, jour de jeûne, d’abstinence et de prières. Jour de pénitence. Jour où le doute de l’homme laisse place à la plénitude de la divinité et de la sagesse universelle. Jour où le Seigneur reçoit, porte et embrasse la Croix. Cette croix sera le symbole de l’humanité entière sauvée.

Samedi Saint est là avec la mère de Dieu, avec Notre Dame conçue sans péchés, éternelle et sainte, mère des hommes, qui prie agenouillée, nostalgique, triste et sereine au sépulcre scellé de larmes et d’espoir ; C’est l’attente de la nuit longue mais tant attendue.

La nuit avance et nous célébrerons alors la messe solennelle de la Vigile Pascale.

Alors que tout semble perdu, le chaos heurte les cœurs, les larmes ruissellent sur les visages marqués par l’attente et les prières nocturnes… Mais alors les étoiles scintillent comme jamais auparavant et tout est exaucé, tout est accompli : Jésus ressuscite !

Jésus est toujours là, il nous relève, nous soigne, nous sanctifie, nous guide et nous aime.

Jésus est toujours là…

Jérome Cochet, chef de mission en Égypte.