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Un lundi de Pâques chez les chrétiens du Akkar

FR - 06/05/2019

Les Libanais de Tripoli nous parlent très souvent des chrétiens du Akkar, région la plus pauvre du pays. A l’instar de nombre d’entre eux, nous pensions que cette région avait été désertée par les chrétiens. Actifs dans la région, nous avons voulu nous en rendre compte par nous-mêmes.

Le père Kamel, prêtre de l’église maronite, originaire de la région, habite à Tripoli la semaine, et passe ses weekends dans le Akkar, pour soutenir cette communauté de chrétiens. Le rendez-vous est pris pour le lundi de Pâques : nous sommes invités à Krayat, le village de ses parents.

Lundi, 9h, nous assistons à la messe dans l’église du village. Les femmes avec leurs foulards noués sur leurs cheveux et les hommes avec leur keffieh rouge, savamment accrochés sur leur tête, sont bien différents des Libanais que nous côtoyons à Tripoli. Après cette belle messe en petit comité, nous allons prendre le café chez les parents du prêtre. Autour d’une dégustation de maamouls, célèbres pâtisseries de Pâques, le père nous raconte que Krayat est le plus ancien village maronite du Liban, évangélisé par un disciple de Saint Maroun, descendu de la Syrie (dont la frontière se trouve à une vingtaine de kilomètre à peine).

Nous passons le reste de la matinée à visiter les personnes âgées isolées du village. Certaines d’entre elles vivent dans des logements insalubres. Comme Latifé et sa fille, qui partagent une unique pièce humide et sombre pour seul logement. Leur détresse matérielle ne les empêche pas de nous accueillir à bras ouvert et de nous offrir café et chocolats de Pâques. Cet accueil chaleureux est différent de ceux que nous vivons quotidiennement. Nous sentons l’émotion de certains villageois de voir des chrétiens, et particulièrement des Français, venir jusque chez eux pour leur proposer de l’aide. Une personne âgée nous rappelle les liens très forts qui existaient entre la France et le Liban et l’importance de raviver ceux-ci. 

Nous clôturons cette journée, riche en rencontres, par un dernier café chez le père Kamel, afin d’échanger sur la mise en place de différents projets d’aide aux villageois. Nous reviendrons très vite apporter de la nourriture et des couvertures aux habitants - ainsi, ils pourront faire face aux rudes températures de la région ; mais aussi pour partager autour d’un café, de belles discussions comme nous avons pu en avoir aujourd’hui. Nous souhaitons également organiser des journées de travaux dans certains logements et du soutien scolaire pour les enfants. Cet été, ce village accueillera sûrement des volontaires lors de camps organisés pour les enfants.

Aidez les chrétiens du Akkar, faites un don.