Actualités

Un père de famille arménien de retour sur sa terre.

FR - 16/05/2019

Nous sommes le 1er juin 2012. La guerre fait rage en Syrie depuis plus d’un an. La situation s’aggrave de jours en jours. A Alep, la famille Bedros, d’origine arménienne habitant dans le quartier de Midan, survit tant bien que mal.

Ce jour-là, c’est l’anniversaire de la petite dernière. Malgré la guerre, ils décident de le fêter en famille dans un quartier voisin. A leur retour en fin d’après-midi, ils aperçoivent de loin, devant chez eux, une foule affolée : un obus a frappé l’immeuble où ils habitent et leur appartement est complètement détruit. Quel soulagement pour leurs amis de les voir en vie mais quel choc pour la famille Bedros : ils n’ont plus de maison ; ils ont tout perdu. Ils n’ont pas le choix, ils décident de récupérer ce qu’ils peuvent et partent sans perdre de temps chez le frère d’Awadiss, le chef de famille. Ils y resteront trois ans… Trois ans à essayer de survivre et de trouver de l’aide pour déblayer leur maison. Mais la situation empire. Le cœur lourd et emplit de tristesse, il prend la décision en 2015 de quitter Alep, devenue trop dangereuse, pour l’Arménie.

Les enfants y sont heureux. Ils n’entendent plus le bruit fracassant des bombes et ne risquent plus leur vie tous les jours sur le chemin de l’école ou de l’université. Mais, lui, ressent un manque. Alep lui manque, ses frères et sœurs aussi ainsi que ses amis. Il sent l’appel de son pays. Après tout, il est Syrien et Alep est sa ville. La délivrance arrive peu de temps après. Par téléphone, son frère lui annonce l’heureuse nouvelle : Alep vient d’être libérée ! « Enfin ! » s’exclame-t-il. Il ne perd pas de temps. Il quitte l’Arménie début de 2017.

Son quartier est ravagé, sa maison soufflée. Tout est à reconstruire mais vers qui se tourner ? Ses demandes adressées aux organisations humanitaires sont ignorées. Il commence à perdre espoir. Jusqu’au jour où il entend parler de SOS Chrétiens d’Orient et de son projet de reconstruction du quartier de Midan, mené en coopération avec l’église arménienne.

Sa demande est accueillie positivement, les travaux commencent. Après plusieurs semaines de travail réalisé par les ingénieurs Razek et Rasha et les volontaires, la maison est enfin reconstruite ! Le retour au pays se concrétise enfin. Les clés lui sont remises ; les larmes coulent sur son visage. Des larmes de joie bien sûr mais également des larmes qui rappellent toute la souffrance endurée ces dernières années : ce départ forcé, ces années passées loin de chez lui et de ses proches… Son rêve est réalisé, Awadiss Bedros peut enfin vivre sur la terre de ses ancêtres.

Mais pour beaucoup d’autres Aleppins, tout commence car tout est détruit. Si vous aussi, vous voulez participer au ré enracinement des populations chrétiennes en Syrie, faites un don !