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« Mon pays est ma vie. »

FR - 27/05/2019

Il est 9h30, et comme chaque matin, depuis maintenant deux semaines, les volontaires aident à la reconstruction d’une maison dans le quartier de Wadi al Sayeh à Homs. Le chemin n’est pas long, mais il glace le sang, il coupe la respiration. Impossible de ne pas remarquer ces immeubles éventrés, criblés de balles et calcinés par le feu. Oui, nous sommes bien dans un pays qui a subi les affres et les immondices d’une horrible guerre.

Comme à son accoutumé, Nariman nous attend, avec impatience, au pied de son immeuble. Elle nous accueille avec chaleur et hospitalité dans son appartement littéralement détruit. Aucune pièce n’est habitable. Seul le plafond ne nous tombe pas sur la tête.sos chretiens orient nariman homs

Nariman nous explique avec empressement les travaux que nous devons effectuer. Elle observe les volontaires, elle les questionne sur le déroulement et l’avancée des différentes tâches. Mais, ce qui la rend d’autant plus admirable c’est qu’elle nous prête main forte. Habillée en tenue de ville, elle prend la pelle pour ramasser des gravats, elle monte les bloques de parpaings. Puis, elle nous délaisse pour une petite heure.

Elle revient vers midi, les mains chargées ; elle nous offre le déjeuner. Pendant son absence, elle cuisine des manouchés (galette syro-libanaise) au fromage ou aux légumes. C’est exquis et ô combien revigorant.

Tout bonnement, les travaux avancent. La suie n’a pas résisté aux frottements des éponges, la céramique a cédé face aux nombreux coups de burin et le mur de la pièce principale a capitulé face aux innombrables coups de marteau.

De nature stressée, cette ancienne fonctionnaire nous raconte son expérience durant la guerre. Dès le début des affrontements en 2012, les terroristes d’Al Nosra prennent le quartier en n’épargnant personne. Plusieurs membres de sa famille périssent. C’est avec une grande tristesse, qu’elle décide de quitter la Syrie en 2014, avec son mari, gravement blessé aux deux jambes. Sur le sol allemand qu’elle foule légalement, tout lui semble inconnu. Elle se sent perdue. La barrière de la langue ainsi que le choc culturel la plongent dans une véritable crise existentielle. Fièrement attachée aux traditions orientales et à son quotidien d’antan, elle ne peut et ne veut pas se déraciner de sa mère patrie. Ses quatre filles lui manquent terriblement. L’angoisse de ne plus les chérir, de ne plus côtoyer ses voisins, de ne plus aller dans son église la rende malade. Exemplaire et courageuse, à peine un an après son arrivée à Hanovre, elle retourne en Syrie.

Son attachement pour son quartier n’a d’égal que son amour pour la foi chrétienne. Elle est fière d’être syrienne. « La Syrie est un joyau du Proche-Orient grâce aux chrétiens qui y résident. Jamais je ne pourrais vivre autre part qu’ici. Mon pays c’est ma vie ». Cette parole pleine de sens et de sagesse résonne dans nos cœurs et conforte nos esprits.

Aidez les chrétiens de Homs à revenir dans leur pays, à retrouver leur maison.