Actualités

À Alep, le centre de la Syria Trust de Tishreen œuvre pour le développement humain.

FR - 12/06/2019

Fondée en 2001, la Syria Trust est le principal organisme qui agit pour le développement du pays. Par le biais de nombreux centres, l’organisation lutte activement contre les problèmes socio-économiques qui touchent la Syrie, en donnant aux habitants les moyens de s’élever culturellement et professionnellement.

À Alep, dans le quartier de Hamdanyié, environ douze-mille familles sont confrontées à ces problématiques. Afin d’apporter des réponses concrètes, un centre a ouvert, au mois d’août 2018, dans la zone de Tishreen.

Financé en partie par SOS Chrétiens d’Orient, il assure la gestion d’une zone où sont implantées six-mille familles, à 50 % des déplacées de guerre, largement touchées par la pauvreté et le manque d’accès à l’éducation.

Bien souvent employés de la fonction publique, les habitants sont obligés de cumuler deux emplois pour subvenir à leurs besoins. La construction de ce centre était donc essentielle mais très compliquée à mettre en œuvre au regard de la situation d’insécurité prévalant dans le quartier pauvre et insalubre. Encore aujourd’hui, Hamdaniyé se fait régulièrement bombarder depuis les zones tenues par les terroristes à l’ouest.

tishreen syrie sos chretiens orientLe centre agit sur trois points clés. En premier lieu, sur l’éducation. Il vise essentiellement à permettre aux bénéficiaires d’acquérir des compétences : soutien scolaire, apprentissage de la prise de parole en public, activités ludo-éducatives, ou encore club pour enfants. Le second, sur l’action de soutien psychologique pour les personnes souffrant de traumatismes liés à la guerre, pour les enfants et les victimes de violences conjugales. Enfin, sur l’évaluation des besoins d’une cinquantaine de familles.

Cours divers, théâtre, activités culturelles, club cinéma pour petits et grands, bibliothèque de soutien scolaire, ateliers dessins, soutien dans l’acquisition de matériel scolaire, aide aux démarches légales et administratives, le soutien matériel est rare à la Syria Trust. Le cœur de son action se joue dans la transmission de la connaissance, du savoir-faire et de la compétence.

Depuis janvier 2019, le centre de Tishreen c’est déjà quelques 1.550 bénéficiaires, cinq-cents activités de loisirs, soixante-cinq débats, trois-cent cours de mathématiques, d’Anglais, d’Arabe, de Français, mais aussi de physique. C’est également quatre-cent actions de soutien psychologique, mais aussi du soutien médical personnalisé pour les personnes souffrant de problèmes de santé.

syrien sos chretiens orient alepOutre les quarante employés permanents, le centre bénéficie du soutien de soixante-dix volontaires issus du quartier. La plupart des employés ont d’ailleurs tous été, à un moment donné, volontaires. C’est le cas de Luqman al Agha, directeur du centre depuis août 2018, et volontaire dès 2011, et Rita Manassian, volontaire active à partir de 2015, et aujourd’hui responsable du pôle éducation. Tous deux sont unanimes, la notion de partage sous-tend toutes les actions de la Syria Trust. C’est un peu l’histoire d’une famille. Pour eux, l’espoir est là, mais la situation reste difficile à cause des bombardements. Les trois gros problèmes du quartier sont loin d’être éradiqués : manque de bases éducatives de la jeunesse à cause de la guerre, difficultés économiques, sans oublier les violences faites aux femmes.

Actuellement, un nouveau projet de formation professionnelle est en réflexion. Il vise à permettre à une centaine de personnes d’acquérir des compétences dans les domaines liés à l’électrotechnique, le textile, la coiffure, la téléphonie mobile, ou la menuiserie. À terme, les bénéficiaires auront la possibilité de décrocher un emploi, trouvé par le centre.

En définitive, le chantier de la Syria Trust à Tishreen s’annonce immense, compte tenu des problèmes de fond dont souffre le quartier. Espace d’échange, de savoir, de rencontre, et de découverte, le centre nous donne de quoi fermement garder espoir en l’avenir de la ville. Car, tâchons de nous en souvenir, le savoir fini toujours par venir à bout de l’ignorance.