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Mon pèlerinage dans les montagnes d’Alqosh.

FR - 12/06/2019

La messe de Pentecôte se termine dans la petite église d'Alqosh, il est 18h.

sos chretiens orient pentecote alqosh irakLa tête encore pleine des chants en sourate, de la joie et de la beauté de cette cérémonie, je me laisse porter par la petite horde de volontaires français et des Irakiens, qui nous accompagnent, pour débuter notre pèlerinage qui nous conduira jusqu'au vieux monastère d'Alqosh. Tout le monde se met en marche et nous commençons à réciter et méditer le premier mystère du chapelet en français, dans les petites ruelles serpentant entre les maisons aux toits en terrasse. Le soir tombe peu à peu mais le soleil et la chaleur cognent toujours sur les murs qui nous entourent.

Rapidement, nous quittons ces petites rues traditionnelles chaleureuses pour les grandes routes bruyantes au traffic routier dense. Le soleil se réverbère sur le goudron et continue de taper malgré l'heure tardive. Nous entamons alors la récitation en anglais du second mystère.

sos chretiens orient pentecote irakPeu à peu, les maisons s'espacent, les voitures disparaissent, le paysage devient de plus en plus sauvage et désertique. Ne restent plus que pour seul bruit, les voix des pèlerins qui prient le troisième mystère en arabe. Au fur et à mesure, le groupe s'éparpille, chacun suivant son rythme, le drapeau de SOS CHRÉTIENS D'ORIENT flottant fièrement au vent, en tête de file.

Alors la montagne apparaît devant nous. Le spectacle est grandiose : le coucher du soleil illumine le vieux monastère, dissimulé dans les rochers. Certains aperçoivent même un petit renard des plaines qui se promène sur le flanc de la montagne. Nous nous arrêtons alors pour attendre les derniers et nous regrouper afin d'énoncer plusieurs intentions de prière. Nous confions nos vies, les vocations, les chrétiens d'Orient et l’Irak à notre Mère du ciel.

L'ascension commence, exigeante et fatigante : le paysage n'en est que plus beau. Le rythme ralentit, plus personne ne parle, chacun médite, perdu dans ses pensées ou observe le paysage dans la montée.

Au pied du monastère, la nuit commence à tomber, les chants à Marie résonnent magnifiquement dans ce lieu calme et sauvage. Tout le groupe monte dans un dernier sursaut d'énergie les quelques centaines de marches restantes pour atteindre la petite chapelle. Enfin, après tant d'effort, de prières, de sueur et de bouteilles d'eau vidées, nous voilà réunis pour déposer toutes nos intentions dans les bras de Marie.

A la sortie de la chapelle, devant la grandeur du paysage malgré la nuit, loin de toutes les distractions du monde, des lumières et du bruit de la ville, le moment est un peu magique, comme suspendu dans le temps. Chacun contemple en silence ce spectacle si apaisant.

Sixtine, volontaire en Irak.