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La grandeur d'âme des femmes de Beyrouth, leur don le plus cher.

FR - 15/06/2019

« Comme tous les vendredis, nous partons de bonne heure pour le quartier populaire de Bourj Amoun afin d’y dispenser un cours de français à une quinzaine de femmes.

A notre vue, elles arrêtent immédiatement leurs discussions et leurs visages s’illuminent pour nous accueillir. J’admire cette joie qui les anime malgré les difficultés de la vie, que certaines d’entre elles ne connaissent que trop bien.

Aujourd’hui n’est pas un vendredi comme les autres, car c’est le dernier cours de l’année. Nous sommes partis ce matin en songeant tristement à cette ultime visite. Mais, grâce à leur entrain communicatif, celle-ci s’est transformée en une véritable fête.

Dans les escaliers, nous devinons à travers les gros sacs qu’elles transportent, l’abondance des plats cuisinés la veille par leur bon soin. Je réalise qu’elles sont en train de nous offrir ce qu’elles ne peuvent parfois pas s’acheter. « C’est pour vous remercier », se justifie l’une d’entre elles.

sos chretiens orient libanAutour de ces mets typiques, nous en venons à parler de nos passions. Certaines évoquent le shopping, d’autres le dessin… L’une d’entre elles nous surprend par la simplicité de sa réponse : « marcher ». Mais, au fil des échanges, nous comprenons son désir si juste. Son mari n’a plus de travail depuis 10 ans, ils ont vendu leur voiture et ont dû quitter leur maison. Nous ne pouvons qu’imaginer les malheurs que la misère matérielle entraîne et constater que moins nous possédons, plus nous sommes riches de cœur.

Au moment de nous quitter, une dernière demande nous est adressée : « Pouvez-vous nous donner la signification de l’adjectif qualificatif ? » Se lit dans le regard malicieux, de celle qui a posé la question, la fierté de nous avoir surpris en connaissant une telle désignation grammaticale. Son fils est en train d’étudier cette leçon en français. Incapable de lui apporter son soutien pour qu’il comprenne mieux, elle veut aujourd’hui, remédier à ce manque.

Leur générosité et leur capacité à se donner n’a pas de mesure. Ces femmes sont prêtes à tout pour leurs enfants, en commençant par prendre des cours de français. »

Sixtine, volontaire au Liban.

Donner des cours de français peut paraître anodin et pourtant, pour celles qui les reçoivent, ils sont le moyen de créer du lien entre parents et enfants. Soutenez les actions de la mission au Liban. Faites un don.