Revue de presse

Charles de Meyer, son expérience au Proche-Orient.

TV Libertés

14 juin 2019

Charles de Meyer, Président de SOS Chrétiens d’Orient, témoigne sur Bistrot Liberté de son expérience au Proche-Orient. Il aborde tous les sujets : de la place des chrétiens au Proche-Orient à l’engagement des volontaires français.

Pourquoi partir en volontariat au Proche-Orient ?

Je pense qu’il y a une mission pour les Français, un devoir intemporel difficile à décrire. Ce qui nous motive beaucoup c’est le sourire des gens que nous aidons […] Nous faisons notre devoir, mais nous aussi recevons beaucoup. Je crois que les Orientaux sentent à quel point nous aimons ces pays et ces civilisations. Tout cela nous donne du baume au cœur.

Qui veut détruire les chrétiens d’Orient ?

La question du « Qui » peut masquer les responsabilités. Or, certaines responsabilités sont inhérentes aux chrétiens d’Orient. Il y a la question des États mais il y a aussi la question de la mondialisation et par là d’une perte de sens. Quand certains intellectuels catholiques appellent à des migrations sans restrictions, les chrétiens les écoutent et partent, au détriment de leur propre intérêt. […] Je crois que c’est une responsabilité collective.

Pourquoi la nécessité d’avoir créé une nouvelle association ? Qu’est-ce que SOS Chrétiens d’Orient apporte en plus ?

Il n’y a pas d’association en trop en Proche-Orient. SOS Chrétiens d’Orient est original de par son concept : nos volontaires vivent 24h/24h sur place au côté des populations. Nous percevons mieux ce qu’ils vivent et grâce à notre présence permanente nous pouvons apporter une aide plus ajustée puisque nous comprenons mieux le contexte.

Est-ce que les guerres menées par les Occidentaux, perçus comme chrétiens, au Proche-Orient ne contribuent pas à la montée de l’islamisation ?

Oui cela y participe, mais le processus de radicalisation du monde islamique n’est pas seulement lié à la politique étrangère des pays occidentaux. Des prédicateurs bien connus qataris ou saoudiens exploitent ce terreau. Evidemment l’inaction de la communauté internationale sur certains aspects est très étonnante […]. Je crois que la meilleure manière de combattre ses doutes et ses interrogations c’est d’aller au Proche-Orient, de voir comment ces gens évoluent, vivent et aussi de voir leurs limites.

Est-ce que les chrétiens d’Orient font toujours le lien entre eux et la France ?

Oui mais c’est en perdition. La culture française recule […]. Pourtant de nombreuses congrégations religieuses soutiennent l’apprentissage du français. Mais ces établissements ont besoin de soutien. Une politique à destination des élites me paraitrait aussi très importante…

SOS Chrétiens d’Orient est-il le mouvement qui permet à la jeunesse de s’impliquer dans un engagement qui les dépasse ?

Absolument. SOS Chrétiens d’Orient donne à la jeunesse un objectif qui est concret et atteignable […]. En Syrie notamment, nous pouvons aller contre les consignes du gouvernement français, contre la propagande médiatique, contre ce qu’on essaye de nous faire croire des chrétiens syriens. SOS Chrétiens d’Orient c’est avant tout en engagement des jeunes pour le Bien Commun. C’est la meilleure réponse que nous pouvons adresser à ceux qui se demandaient où nous irions.