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Que reste-t-il aux chrétiens irakiens ? Dieu.

FR - 04/07/2019

Mardi 5 décembre, j’atterri à Erbil que j’ai quitté en août 2018. Me revoilà dans ce beau pays qui m’a toujours appelé. Très vite, je reprends mes habitudes, je me sens comme chez moi. Je ne le sais pas encore mais cette mission sera bien différente de la première.

sos chretiens orient irak volontaire proche orientJe découvre tous les nouveaux lieux de mission et activités : visites aux familles, jeux avec les enfants, chantiers de peinture et de rénovation. Je dois m’adapter à ces nouveautés, me surpasser et surtout apprendre au contact des volontaires et des habitants.

Etre volontaire, c’est avant tout vivre parmi les Irakiens et partager leur quotidien. Ils s’habituent rapidement à notre présence. Tous les matins, ces messieurs nous voient passer alors que nous nous dirigeons vers les chantiers en les saluant par la fameuse expression « Peshna ». Ou encore ce petit monsieur nous attend, nous dit bonjour, nous parle et rigole malgré la barrière de la langue.

Il arrive que nous nous trouvions face à des situations cocasses, comme cette fois où, à grands renforts de mimes ridicules, nous voulions acheter une serpillère dans un magasin du quartier. Mais nous retombons toujours sur nos pieds. Quelle joie pour eux de nous entendre dire quelques mots de sourète souvent prononcés avec un accent français. Fous rire garantit pour tous.

sos chretiens orient irak volontaireEtre volontaire, c’est aussi partager le quotidien d’une communauté de volontaires venus donner de leur temps aux chrétiens orientaux. Tous ensemble, comme une grande famille, nous vivons des moments mémorables, sous l’œil vigilant et bienveillant de nos chefs de missions, Antoine et Julien.

Cet engagement auprès des chrétiens consiste avant tout à accueillir leurs souffrances et d’être parfois aussi confronté aux siennes. Ils souffrent des persécutions mais pire encore de l’oubli. Je me souviens de cette dame qui m’avait annoncé, émue, sa troisième grossesse, avant de m’agripper le bras en implorant : « ne nous abandonnez pas ». Ces mots ont raisonné en moi pendant ma mission. Ils sont les grands oubliés de l’Occident et de leur propre pays. Que leur reste-t-il ?  Dieu… Quand nous sommes abandonnés, Dieu se tient toujours à nos côtés, le seul à ne jamais nous laisser seul.

Je garde espoir pour l’Irak, peut-être suis-je trop naïve. Il y a encore tant de chrétiens qui se battent pour rester, pour dire qu’ils ne partiront pas. Malgré les persécutions, l’Irak reste leur patrie, leur mère. Nous aussi sommes éprouvés, mais combien d’entre nous auraient rejeté Dieu face aux atrocités vécues ? La prière reste leur meilleure arme pour survivre dans un pays qui ne veut plus d’eux.

En quittant le France pour le Proche-Orient, 90% du travail est fait. Le plus dur c’est de partir et d’accepter de s’abandonner. Pour les chrétiens, quel plus beau cadeau que de voir des jeunes pendant trois, quatre mois voire plus. Nous sommes un espoir pour eux. Il faut faire confiance. Si tu veux partir en mission c’est que tu as reçu un appel, il faut y répondre. Ne restons pas silencieux sur la souffrance des chrétiens du Proche-Orient. Nous côtoyons peut-être les dernières générations de chrétiens. Il faut agir.

Marie, volontaire en Irak.

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